Les producteurs allemands avaient subi un sérieux revers quand l'Allemagne avait décidé, après le drame de Fukushima, en 2011, de sortir du nucléaire. Aujourd'hui, tout tourne autour de l'abandon des énergies fossiles. RWE, qui est actif dans les énergies renouvelables depuis la décision de 2011, compte atteindre la neutralité carbone dès 2040. C'est pourquoi il investira, d'ici à 2030, 30 milliards d'euros dans le développement de 25 gigawatts verts supp...

Les producteurs allemands avaient subi un sérieux revers quand l'Allemagne avait décidé, après le drame de Fukushima, en 2011, de sortir du nucléaire. Aujourd'hui, tout tourne autour de l'abandon des énergies fossiles. RWE, qui est actif dans les énergies renouvelables depuis la décision de 2011, compte atteindre la neutralité carbone dès 2040. C'est pourquoi il investira, d'ici à 2030, 30 milliards d'euros dans le développement de 25 gigawatts verts supplémentaires, soit une multiplication par deux de sa capacité actuelle. Ces investissements devant être supportés par les cash-flows et par les marges disponibles, aucune augmentation de capital ne sera nécessaire. Malgré ces dépenses, le groupe mise sur une croissance bénéficiaire de 9% l'an en moyenne jusqu'en 2030, à quoi correspond un montant de 5 milliards d'euros de cash-flows opérationnels (Ebitda). RWE est surtout présent dans l'éolien marin, où il occupe la deuxième place sur l'échiquier mondial. Il pense pouvoir tripler sa capacité dans ce segment entre 2020 et 2030, d'autant que la croissance jusqu'en 2027 est déjà garantie. Il veut également consolider sa croissance dans l'éolien terrestre et l'énergie solaire. Les batteries et l'hydrogène seront les nouveaux segments de croissance de cette décennie. En 2016, les énergies vertes généraient 0,83 milliard d'euros d'Ebitda (44% du total), un chiffre qui devrait grimper à 2,9 milliards (95%) en 2023 et à 5 milliards (100%), donc, en 2030. Quarante-cinq pour cent des investissements prévus jusqu'en 2030 iront à l'offshore, 45%, au terrestre, au solaire et aux batteries et le reste, à l'hydrogène. La direction précise que le ratio dette financière nette/Ebitda pourrait passer de moins de 3 actuellement à près de 3,5 après 2025. Elle assure cependant que le dividende de 0,90 euro par action annoncé pour 2021 sera le minimum ces prochaines années et que le rendement en dividende sera par conséquent stable à croissant jusqu'en 2030. Nous considérons l'action comme un investissement défensif dans la transition énergétique pour la décennie qui vient. A un rapport valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda de 9 escompté pour 2022 et à 1,25 fois la valeur comptable, la valorisation nous semble raisonnable. RWE est digne d'achat (rating 1B), pour son aspect défensif.