Vous savez déjà que le secteur agricole est confronté à plusieurs défis majeurs : deux milliards d'habitants de plus sur Terre et un changement d'habitudes alimentaires, deux paramètres qui contribuent à une augmentation de la consommation de viande. Nous avons déjà évoqué la hausse de la consommation de viande, estimée à 71 millions de tonnes par an en Chine, le double de celle des Etats-Unis. Ajoutons-y que la prospérité accrue au niveau mondial nous incitera également à consommer davantage de poisson. La hausse est même plus rapide en l'occurrence que celle de la consommation de viande. Sur une période de 50 ans (entre 1961 e...

Vous savez déjà que le secteur agricole est confronté à plusieurs défis majeurs : deux milliards d'habitants de plus sur Terre et un changement d'habitudes alimentaires, deux paramètres qui contribuent à une augmentation de la consommation de viande. Nous avons déjà évoqué la hausse de la consommation de viande, estimée à 71 millions de tonnes par an en Chine, le double de celle des Etats-Unis. Ajoutons-y que la prospérité accrue au niveau mondial nous incitera également à consommer davantage de poisson. La hausse est même plus rapide en l'occurrence que celle de la consommation de viande. Sur une période de 50 ans (entre 1961 et 2011), la consommation de poisson a augmenté en moyenne de 3,2% par an, contre une augmentation de la population mondiale de 1,7% (près de moitié moins).Ce qui se traduit également par une augmentation constante de la quantité totale de poissons consommés par citoyen du monde. Selon l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture FAO, la consommation de poisson par habitant a augmenté de 9 kilos au début des années 1960 à 18,8 kilos (kg) en 2011. Cinq ans plus tôt, ce chiffre était encore de 17,4 kilos par habitant. La FAO a calculé que la valeur totale du secteur piscicole était annuellement supérieure à 100 milliards USD depuis 2008 et que le poisson contribuait désormais à au moins 15% de l'apport de protéines animales de plus de 3 milliards de personnes.Cette augmentation sensible n'est pas simple à gérer, évidemment. Car depuis les années 90, le secteur est confronté au niveau mondial à la surexploitation. Pour un tiers environ des effectifs de poissons au niveau mondial, on note une surexploitation des ressources, parfois grave, qui nécessite une intervention urgente. La pêche " ordinaire " mondiale stagne donc depuis un certain temps. En 2011, elle totalisait 90,4 millions de tonnes, un niveau comparable aux 90,3 millions de tonnes de 2006. L'augmentation de la consommation de poisson n'est dès lors possible qu'au travers d'une " révolution bleue ", expression utilisée pour qualifier l'aquaculture depuis les années 80. L'aquaculture est le processus par lequel les poissons, mais aussi les coquillages et les crustacés, sont élevés ou maintenus dans des viviers et bassins ou en mer. Alors que la pêche classique stagne depuis quelque temps, la croissance moyenne annuelle de l'aquaculture atteint près de 9% par an sur les 30 dernières années. En 2011, 63,6 millions de tonnes ont été produits en aquaculture, contre seulement 47,3 millions de tonnes en 2006. Compte tenu de la croissance très rapide de cette activité, 41% de l'offre totale de poissons provient déjà de l'aquaculture. Personne ne doute plus du fait que l'aquaculture éclipsera la pêche classique au cours de cette décennie. D'autant que la FAO a constaté que les quotas de production n'ont pas amélioré notablement la situation des effectifs.Les poissons, coquillages et crustacés qui vivent en aquaculture exigent une alimentation spécifique. Un acteur important de l'alimentation pour poissons, dont les perspectives de croissance sont ambitieuses pour les prochaines années, est le groupe néerlandais Nutreco (lire rubrique " Flash ").