Le 10e anniversaire de l'éclatement de la crise financière, dont la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, fut une des images les plus marquantes, sera abondamment évoqué ces prochains mois. La crise bancaire la plus grave depuis la décennie 1930 a contraint les banques centrales à prendre des mesures très peu conventionnelles. En plus de compresser leurs taux directeurs, les institutions ont opté pour une stratégie d'assouplissement quantitatif, en vertu de laquelle des milliers de milliards d'obligations ont été achetées, pour permettre aux banques d'accorder ...

Le 10e anniversaire de l'éclatement de la crise financière, dont la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, fut une des images les plus marquantes, sera abondamment évoqué ces prochains mois. La crise bancaire la plus grave depuis la décennie 1930 a contraint les banques centrales à prendre des mesures très peu conventionnelles. En plus de compresser leurs taux directeurs, les institutions ont opté pour une stratégie d'assouplissement quantitatif, en vertu de laquelle des milliers de milliards d'obligations ont été achetées, pour permettre aux banques d'accorder davantage de crédits et, partant, éviter une nouvelle récession, voire une entrée en déflation. Enormément de liquidités ont par ailleurs afflué en direction des marchés financiers.Pour ce qui est des effets de ces mesures exceptionnelles sur l'économie, les avis sont partagés. Mais une chose est sûre: elles ont déterminé l'évolution des marchés financiers, dont les Bourses. Cette influence venue du dessus a accentué la corrélation entre les actions - en d'autres termes, l'annonce de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire avait davantage de poids que l'évolution des résultats des entreprises mêmes.Mais la politique accommodante ne sera bientôt plus et l'impact de la dimension macroéconomique sur l'évolution des actions individuelles s'allège depuis l'an dernier. Il n'est donc pas illogique que les titres n'évoluent plus d'une manière aussi parallèle. Il va par conséquent falloir recommencer à se montrer sélectif - s'adonner davantage au stock picking et analyser les fondamentaux des entreprises plutôt que la conjoncture macroéconomique mondiale.Nos analyses tentent de combiner ces deux dernières approches. Nous mettons à nouveau l'accent sur le potentiel des actions individuelles, et plusieurs de nos choix se sont d'ailleurs révélés assez heureux. Nous sommes principalement en quête d'entreprises capables de produire de la valeur au cours des années qui viennent. Les sociétés qui parviennent à maintenir d'appréciables marges, voire, dans un contexte concurrentiel, à les améliorer, de même que les nouvelles équipes de direction capables d'accroître la rentabilité, auront notre préférence.Si la sélection doit être fine dans tous les secteurs, c'est davantage encore le cas dans la biotechnologie. Car en fin d'étude, la conclusion est sans appel: le produit est soit commercialisé, soit abandonné. Depuis un an, les investisseurs, dont les ambitions dans ce domaine étaient somme toute raisonnables, semblent s'enthousiasmer davantage. L'attribution, par le géant Sanofi, d'une valeur de près de 4 milliards d'euros à la biotech gantoise Ablynx, explique probablement en partie ce phénomène. Ablynx est désormais valorisée à 12 milliards d'euros. Est-ce trop? Trop peu? Tout dépendra des résultats des études menées ces prochaines années. Nous sommes quant à nous optimistes.