Le prix du gaz naturel était en août de 2 dollars par million de British thermal units (MMBtu), son niveau le plus bas depuis 2016. Le gaz naturel s'enchérit généralement à l'approche de la saison des prélèvements (novembre-mars), lors de laquelle les réserves baissent. Plusieurs interruptions de production dues aux tempêtes tropicales avaient en outre contribué à faire grimper son prix à 2,8 dollars début novembre. Mais on parle aujourd'hui, contre toute logique ...

Le prix du gaz naturel était en août de 2 dollars par million de British thermal units (MMBtu), son niveau le plus bas depuis 2016. Le gaz naturel s'enchérit généralement à l'approche de la saison des prélèvements (novembre-mars), lors de laquelle les réserves baissent. Plusieurs interruptions de production dues aux tempêtes tropicales avaient en outre contribué à faire grimper son prix à 2,8 dollars début novembre. Mais on parle aujourd'hui, contre toute logique à l'entrée de l'hiver, de 2,3 dollars par MMBtu.La faiblesse de son cours a, sans surprise, fait augmenter la part du gaz naturel dans le bouquet énergétique, au détriment du charbon surtout, ces 10 dernières années. Cette consommation accrue s'est également accompagnée d'une envolée de la production: avec la révolution du schiste, la production américaine atteint tous les records. Alors que fin mars, au terme de la dernière saison de prélèvement, les stocks américains étaient de 22,3% inférieurs à leur niveau de mars 2018, l'on relève aujourd'hui un excédent de 17,9% en un an, lequel ne devrait pas être gommé de sitôt. Exporter pourrait être une solution, mais la construction de pipelines et d'installations de liquéfaction (GNL) exige des investissements colossaux. Le prix du GNL a d'ailleurs lui aussi baissé, de 9,8 dollars il y a un an à 5,6 dollars actuellement. En Chine, deuxième marché par ordre d'importance, la croissance de la consommation a ralenti; le pays a en outre conclu un contrat avec la Russie, laquelle couvrira à terme près d'un tiers des besoins chinois en GNL.Mais l'excédent finit par se corriger de lui-même: il semble en effet que la plupart des producteurs comptent réduire leurs investissements en 2020. Il faudra toutefois du temps pour que la production s'en ressente. Dans l'immédiat, les conditions climatiques jouent un rôle plus déterminant. Ainsi la récente baisse de prix résulte-t-elle de prévisions météorologiques clémentes dans de vastes zones des Etats-Unis, alors que des chutes de températures auraient un effet exactement inverse. Un repli vers les 2 dollars offrirait une opportunité d'achat intéressante. L'ETFS Natural Gas de WisdomTree (Xetra; ticker: OD7L) permet de miser sur cette éventualité. Euronext recense aussi plusieurs produits à levier ayant comme sous-jacents des contrats à terme sur le gaz naturel.