Le pétrole et les produits connexes ont compté parmi les matières premières les plus performantes au 1er semestre. Le prix du baril de brut a atteint son niveau le plus élevé depuis deux ans et demi. Alors que le contrat à terme de mai 2020 se négociait à plus de 30 dollars sous zéro, le baril était, une grosse année plus tard, remonté à 77 dollars.
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Le pétrole et les produits connexes ont compté parmi les matières premières les plus performantes au 1er semestre. Le prix du baril de brut a atteint son niveau le plus élevé depuis deux ans et demi. Alors que le contrat à terme de mai 2020 se négociait à plus de 30 dollars sous zéro, le baril était, une grosse année plus tard, remonté à 77 dollars.L'Opep+ ajuste périodiquement ses quotas de production, en fonction de la demande prévisionnelle. La production est toujours de 5,8 millions de barils inférieure à ce qu'elle était avant la pandémie. Mais l'entente se fissure à mesure que les prix augmentent. Les Emirats arabes unis, qui ont, ces dernières années et à contre-courant de la tendance, investi massivement dans leurs capacités de production, veulent pouvoir produire davantage. En Russie, qui croule sous les sanctions occidentales, d'aucuns réclament une augmentation des revenus pétroliers et donc, de la production. Un accord portant sur un accroissement de 400.000 barils par mois a finalement été conclu; la production devrait donc renouer avec la normale en septembre 2022. Une hausse soutenue des prix de l'énergie perturberait la fragile croissance économique, ce à quoi les producteurs n'auraient aucun intérêt. Reste que sans une certaine discipline, les stocks redeviendront très vite excédentaires. Selon l'Opep, la demande va augmenter de 6,6 millions de barils par jour cette année, et de 3,3 millions l'an prochain. L'Agence internationale de l'énergie mise, elle, sur 5,4 millions et 3 millions respectivement.A court terme, les marchés de l'énergie risquent une correction. Les positions longues spéculatives sur les marchés à terme pleuvent. N'oublions pas que la pénurie actuelle est en partie artificielle: tant l'Opep+ que les autres fournisseurs ont énormément de capacités inexploitées. Aux Etats-Unis par exemple, le nombre de plateformes de forage opérationnelles a plus que doublé depuis le creux constaté en octobre. Après cette correction, les perspectives à long terme seront à nouveau au beau fixe. Très peu d'argent a été investi dans l'exploration ces dernières années. Comme la demande mondiale d'énergie augmente plus vite que la capacité de production des énergies vertes, les combustibles fossiles resteront indispensables pendant la transition.