Le groupe souffle le chaud et le froid depuis l'arrestation au Japon et la récente évasion de son ancien directeur, le très controversé Carlos Ghosn. De plus, l'alliance entre Renault et le constructeur automobile japonais Nissan, vieille de 20 ans, menace d'être rompue. La rumeur court même qu'elle n'existerait déjà plus que sur papier. Aucun des deux groupes n'annonce de divorce, en tout cas. Luca De Meo (autrefois chez Seat), le prochain directeur général de Renault, aura fort à faire pour recoller les morceaux entre eux. Renault détient une participation de 40% dans Nissan, alors que ses 15% font du constructeur japonais l'actionnaire de référence de Renault aux côtés de l'Etat français (également 15%). Dommage que l'Italien ne prendra ses fonctions qu'à la date du 1er juillet. Car le constructeur automobile françai...

Le groupe souffle le chaud et le froid depuis l'arrestation au Japon et la récente évasion de son ancien directeur, le très controversé Carlos Ghosn. De plus, l'alliance entre Renault et le constructeur automobile japonais Nissan, vieille de 20 ans, menace d'être rompue. La rumeur court même qu'elle n'existerait déjà plus que sur papier. Aucun des deux groupes n'annonce de divorce, en tout cas. Luca De Meo (autrefois chez Seat), le prochain directeur général de Renault, aura fort à faire pour recoller les morceaux entre eux. Renault détient une participation de 40% dans Nissan, alors que ses 15% font du constructeur japonais l'actionnaire de référence de Renault aux côtés de l'Etat français (également 15%). Dommage que l'Italien ne prendra ses fonctions qu'à la date du 1er juillet. Car le constructeur automobile français n'a pas de temps à perdre, comme le révèlent les résultats annuels de 2019. Les ventes sont, elles, conformes aux prévisions. Le groupe Renault a écoulé 3,8 millions de véhicules l'an dernier. C'est 3,4% de moins qu'en 2018, mais la part de marché est toujours de 4,25%. Le chiffre d'affaires consolidé s'est élevé à 55,54 milliards d'euros, 3,3% de moins que les 57,4 milliards d'euros produits en 2018, mais légèrement plus qu'attendu en moyenne par les analystes (55,4 milliards). Mais la marge opérationnelle, passée de 6,3 à 4,8% en conséquence d'une chute de 30% (de 2,99 à 2,10 milliards d'euros) du bénéfice opérationnel (Ebit), les inquiète. Nissan a pour sa part supprimé son dividende de clôture. Les actionnaires ne percevront dès lors que 10 yens pour l'exercice 2019, alors qu'ils en avaient perçu 57 pour l'exercice précédent. La contribution de Nissan aux résultats du groupe Renault a reculé de 1,51 milliard à 242 millions d'euros. Un plongeon de pas moins de 84%! Il n'aura pas fallu davantage qu'une dépréciation supplémentaire de 753 millions d'euros pour faire passer le résultat net du constructeur automobile français dans le rouge (-141 millions d'euros). Personne ne s'étonnera donc que Renault également ait réduit son dividende. Encore de 3,55 euros brut par action pour l'exercice 2018, il a été ramené à 1,10 euro brut par action pour 2019. Ce n'est pas le premier coup dur pour le groupe. L'on se souviendra que lorsque la crise bancaire et la grande récession ont sévi, Renault avait supprimé son dividende. De 2011 à 2018, il l'avait progressivement relevé de 0,30 à 3,55 euros brut par action. S'il a réduit à ce point le dividende pour 2019, c'est parce qu'il est extrêmement prudent quant à l'exercice courant. L'actuelle CEO ad interim Clothilde Delbos n'a pas caché que la marge opérationnelle pourrait encore se réduire, à 3 ou 4%, et le chiffre d'affaires, stagner, cette année. Pour les analystes, cette annonce a fait l'effet d'une douche froide. Puis glaciale, car en marge de la publication des résultats, la CEO a annoncé que le groupe entend réaliser des économies structurelles de deux milliards d'euros au cours des trois prochaines années et n'exclut plus la vente de certains actifs pour y parvenir.L'action Renault se négocie à un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (Ebitda) de 1,7, à 0,25 fois la valeur comptable, à un rapport cours/chiffre d'affaires de 0,2 et à 6 fois le bénéfice attendu en 2020. Le rendement du dividende brut est de 3,3% (malgré la réduction de plus de 70% du dividende pour l'exercice 2019). L'action a également souffert de l'abaissement de sa note de solvabilité au statut d'émetteur d'obligations de pacotille par l'agence Moody's. Nous estimons la sanction bien excessive. Nous avons pour notre part pris une position dans l'action, en prévision d'un redressement de son cours ces prochains mois. Nous recommandons d'ailleurs son achat aux investisseurs conscients des risques et que les probables fluctuations intermédiaires n'intimideront pas. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 30,45 eurosTicker: RNO FPCode ISIN: FR0000131906Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 8,99 milliards EURC/B 2019: -C/B attendu 2020: 6Perf. cours sur 12 mois: -46%Perf. cours depuis le 01/01: -27%Rendement du dividende: 3,5%