L'année boursière 2014 ne fut pas un millésime, contrairement aux précédentes. Seul le deuxième trimestre a été marqué par une hausse de la même ampleur que les dernières années. Le second semestre fut négatif, plus particulièrement encore le dernier trimestre. Est-ce une raison suffisante pour se montrer pessimiste à la veille de 2015 ?
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L'année boursière 2014 ne fut pas un millésime, contrairement aux précédentes. Seul le deuxième trimestre a été marqué par une hausse de la même ampleur que les dernières années. Le second semestre fut négatif, plus particulièrement encore le dernier trimestre. Est-ce une raison suffisante pour se montrer pessimiste à la veille de 2015 ?Nous ne le pensons pas, et sommes mêmes positif. En Europe particulièrement, nous estimons que le potentiel est (nettement) plus grand pour 2015 que cette année. Cela fait deux décennies que les marchés européens sont en retrait par rapport aux marchés américains. On épinglera le fossé, en termes de valorisation, par rapport aux valeurs américaines (13 contre 16 fois le bénéfice moyen attendu), un rendement dividendaire moyen plus élevé par rapport aux taux à long terme (effet TINA), une politique de soutien de la Banque centrale, un redressement économique (timide) soutenu par la faiblesse de l'euro, et la probabilité d'une reprise de l'activité de fusions et d'acquisitions. Nous faisons néanmoins preuve de plus d'optimisme que le consensus des analystes par rapport aux pays émergents. L'écart de valorisation est désormais plus grand encore et le pessimisme prédomine. Si Wall Street parvenait encore à surperformer l'an prochain, ce serait merveilleux. Cependant, ce scénario ne nous paraît pas réaliste. Les Bourses américaines se passeront en effet de plus en plus difficilement du soutien de la Banque centrale américaine. Nous nous y intéresserons donc moins.L'année des " come-backs "Selon nous, 2015 sera l'année des come-backs. Ce qui est en fin de compte typique de la tranche " plus mature " de la hausse boursière. Cela signifierait p.ex. pour l'Europe que les secteurs cycliques restés (nettement) en retrait connaitraient un revirement. Il faudra encore attendre quelque temps pour que ce scénario se concrétise, mais des secteurs tels que l'énergie, les matières premières, l'agriculture, etc., ont été tellement sanctionnés qu'un redressement est très plausible. Comme nous l'a démontré cette année l'évolution du secteur des télécommunications et des services d'utilité publique par rapport à l'an dernier. De même, nous pensons que la Bourse chinoise s'est affranchie de ses planchers après un long marché baissier, ce qui pourrait se traduire à présent par un retour remarqué. D'autres pays émergents pourraient d'ailleurs lui emboîter le pas. Dans le courant de l'année, il faudra toutefois rester attentif à la volatilité, aux fluctuations éventuelles de cours, qui pourraient suggérer une année 2016 plus difficile. Mais nous n'y sommes pas encore...