Cela fait donc plus d'un an que le bénéfice moyen des membres du Standard&Poor's 500 se contracte. Les chiffres ne sont pas encore définitifs, mais nous nous trouvons pour l'instant dans une fourchette de -3 à -3,5%. Certes, cette évolution est et reste avant tout imputable à l'effondrement des bénéfices dans le secteur énergétique. Si nous en faisons abstraction, nous observons, comme espéré, un redressement limité des bénéfices d'environ 1% par rapport au deuxième trimestre 2015.
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Cela fait donc plus d'un an que le bénéfice moyen des membres du Standard&Poor's 500 se contracte. Les chiffres ne sont pas encore définitifs, mais nous nous trouvons pour l'instant dans une fourchette de -3 à -3,5%. Certes, cette évolution est et reste avant tout imputable à l'effondrement des bénéfices dans le secteur énergétique. Si nous en faisons abstraction, nous observons, comme espéré, un redressement limité des bénéfices d'environ 1% par rapport au deuxième trimestre 2015. Mais il est manifestement question d'une récession des bénéfices pour les (plus) grandes entreprises américaines. En cause: la pénurie croissante sur le marché américain du travail, qui exerce une pression haussière sur les salaires. Sans compter que l'économie américaine ralentit dans le sillage du reste du monde. À 1,2% _ estimation provisoire _, la croissance de l'économie américaine est restée nettement en deçà des attentes au deuxième trimestre, après un premier trimestre déjà très moyen (croissance de 1%). De plus, les entreprises éprouvent énormément de difficultés à accroître leur chiffre d'affaires (-0,5% au deuxième trimestre), ce qui pèse sur les marges bénéficiaires. La marge opérationnelle (marge d'EBIT) des entreprises du S&P500 est retombée sous les 12%, pour la première fois depuis 2010. L'Asie et l'Europe risquent d'enregistrer un recul des bénéfices encore légèrement plus marqué au deuxième trimestre. Nous sommes certes moins avancés dans la saison des résultats, mais alors que deux tiers des entreprises de l'indice Stoxx600 (600 principales entreprises européennes cotées en Bourse) ont publié leur rapport trimestriel, le compteur affiche une baisse à deux chiffres (environ -14%). Rappelons toutefois que les résultats des entreprises européennes avaient été dopés par la forte baisse du dollar l'an dernier, ce qui ne sera clairement plus le cas cette année. Pourtant, il subsiste des raisons d'espérer un infléchissement. Ainsi le recul enregistré aux États-Unis au deuxième trimestre est-il nettement plus faible que celui intervenu au premier trimestre (-6,7% si l'on inclut les entreprises énergétiques, -2% sans). De plus, on table sur un redressement des bénéfices à partir du troisième trimestre, qui se poursuivrait en 2017. Il sera d'ailleurs indispensable, car le rapport cours/bénéfice moyen de l'indice S&P500 dépasse 20 pour la première fois depuis 2009. N'oublions pas que l'indice S&P500 a atteint un nouveau record historique au mois de juillet après un quasi-statu quo de 18mois. Une hausse des bénéfices des entreprises est donc cruciale pour procurer un surcroît de potentiel haussier aux Bourses occidentales. Les signes que nous observons sont au demeurant encourageants.