Quand s'amorce une hausse généralisée et mondiale des marchés boursiers, des indices (réputés) atteignent et dépassent des seuils importants, voire historiques. Il y a un peu plus d'un mois par exemple, le Standard & Poor's 500 (qui regroupe les 500 plus grandes sociétés américaines cotées) a dépassé pour la première fois de son histoire les 4.000 points. Avec les centaines de records établis ces dernières années (on en compte 25 déjà en 2021), il est à vrai dire assez coutumier du fait.
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Quand s'amorce une hausse généralisée et mondiale des marchés boursiers, des indices (réputés) atteignent et dépassent des seuils importants, voire historiques. Il y a un peu plus d'un mois par exemple, le Standard & Poor's 500 (qui regroupe les 500 plus grandes sociétés américaines cotées) a dépassé pour la première fois de son histoire les 4.000 points. Avec les centaines de records établis ces dernières années (on en compte 25 déjà en 2021), il est à vrai dire assez coutumier du fait.Mais il n'est désormais plus le seul à s'envoler. En Europe, l'indice néerlandais AEX a franchi la barre des 700 points, un record qui remontait à 2000. L'allemand DAX, qui tournait autour des 8.000 points en 2007, a dépassé 15.000 points cette année. L'Euro Stoxx 50 (les 50 plus grandes sociétés de l'Union européenne) a récemment enfoncé les 4.000 points; il reste toutefois loin de son record historique (celui-ci, qui remonte à l'année 2000, est proche des 5.500 points; un autre sommet, à 4.500 points environ, avait été atteint en 2007. Les niveaux les plus élevés atteints en 2015 et en 2019 sont en tout état de cause dépassés). L'indice Bel 20 a également fait parler de lui quand il a franchi, il y a peu, ce même cap des 4.000 points; ce qui ne constituait pas non plus un record historique, puisque le sommet, à 4.750 points environ, avait été atteint en 2007. La nouvelle crête, au-delà des 400 points, où caracole actuellement le Stoxx 600, a ceci de particulier qu'elle avait déjà été atteinte en 2000, 2007, 2015 et 2019. Ce cinquième franchissement est sans doute le signe d'un redressement des marchés de ce côté-ci de l'Atlantique. Les Bourses européennes profitent du regain d'intérêt pour les titres traditionnels, après des années de concentration quasi exclusive sur les valeurs de croissance - cela fait une dizaine d'années en effet que la croissance, c'est-à-dire, pour l'essentiel, les valeurs technologiques, prend le pas sur les actions dites value, plus classiques. Une situation à laquelle il ne nous semble plus devoir nous attendre ces prochaines années: nous anticipons au contraire un plus grand équilibre, voire la possibilité que les titres traditionnels surpassent les technologiques.Nous sommes face au phénomène de rotation que nous évoquons depuis quelques mois et qui, de fait, se reflète dans les performances. Les indices Euro Stoxx 50 et Stoxx 600 ont depuis le 1er janvier dépassé le S&P 500 de 3% et 2% respectivement. L'évolution du Bel 20 est conforme à celle de l'indice américain. On est désormais loin des 287% de rendement atteints par le S&P 500 au cours de la dernière décennie, pour par exemple une hausse de 100% de l'Euro Stoxx 50. Sans parler de l'écart sur 20 ans (403% pour le premier, 87% pour le second). Les marchés européens ont entamé leur mouvement de rattrapage; leurs indices vont donc battre un record après l'autre.