Le Brésil est sévèrement touché par le Covid-19, en termes tant de nombre de cas que de décès. Les investissements étrangers directs ont chuté. Selon le Fonds monétaire international, l'économie aura reculé de 5,3% cette année. Le président Jair Bolsonaro impute la responsabilité de la crise sanitaire à tout le monde sauf à lui-même.
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Le Brésil est sévèrement touché par le Covid-19, en termes tant de nombre de cas que de décès. Les investissements étrangers directs ont chuté. Selon le Fonds monétaire international, l'économie aura reculé de 5,3% cette année. Le président Jair Bolsonaro impute la responsabilité de la crise sanitaire à tout le monde sauf à lui-même.Le taux directeur, qui s'élevait à 6% encore à la mi-2019, ne dépasse désormais plus 2%. Le réal ne souffre donc pas seulement de la crise sanitaire et de l'instabilité politique: son rendement n'est plus intéressant non plus. L'inflation a récemment accéléré, pour s'approcher des 4% sur une base annuelle.L'affaiblissement du réal a rendu les produits d'exportation brésiliens comme le café, le soja et le sucre si bon marché que la demande de l'étranger reprend. Quand l'économie mondiale se redressera, les prix des matières premières repartiront à la hausse et la pression inflationniste pourrait alors provoquer une augmentation des taux. Mais l'économie brésilienne va d'abord connaître un long passage à vide.Comment évoluera le BRL? La devise est toujours à peu près à son niveau le plus bas depuis dix ans. Briser la spirale infernale ne sera manifestement pas simple. Cela fait tout de même quelques semaines que les investisseurs délaissent les devises réputées sûres, comme le dollar et le yen, au profit des monnaies de pays émergents, dont le réal. Mais les tensions politiques et l'incertitude économique persisteront en 2021, d'autant que l'épicentre de la pandémie se trouve désormais en Amérique du Sud. Il n'est de surcroît pas impossible que la banque centrale du Brésil procède à de nouvelles baisses de son taux directeur.