Cyril Ramaphosa est élu à la tête de l'ANC, le plus grand parti politique d'Afrique du Sud. Il est en outre presque acquis qu'il occupera le fauteuil présidentiel à partir de 2019. L'homme pourrait bien faire souffler un vent nouveau sur le pays. Ce n'est pas trop tôt : le nom de Jacob Zuma (75 ans), l'actuel président, est cité depuis des années dans une série de scandales de fraude et de corruption.
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Cyril Ramaphosa est élu à la tête de l'ANC, le plus grand parti politique d'Afrique du Sud. Il est en outre presque acquis qu'il occupera le fauteuil présidentiel à partir de 2019. L'homme pourrait bien faire souffler un vent nouveau sur le pays. Ce n'est pas trop tôt : le nom de Jacob Zuma (75 ans), l'actuel président, est cité depuis des années dans une série de scandales de fraude et de corruption.Les marchés des devises tiennent compte d'un effet Ramaphosa depuis un certain temps déjà. Le rand s'est nettement apprécié. Un euro vaut aujourd'hui environ 15 rands, soit 3,5% de moins seulement qu'en début d'année. Il y a un mois à peine, les Sud-Africains devaient débourser 17 rands pour un euro.Après avoir été leader syndical pendant des années, Ramaphosa est aujourd'hui l'un des hommes les plus riches du pays. On peut dès lors se demander s'il a réellement intérêt à mettre des réformes en oeuvre. L'économie est officiellement sortie de récession au deuxième semestre de 2017.La banque centrale sud-africaine table sur une croissance de 1,5% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain. Le FMI se montre lui aussi plus optimiste qu'auparavant. L'Afrique du Sud possède des quantités colossales de matières premières, de terres fertiles et de main-d'oeuvre - un environnement idéal, donc, pour le secteur minier, les ports, la pêche, l'agriculture et l'industrie. Ceci étant, les incertitudes politiques paralysent l'économie. Même les plus grandes agences de notation émettent des signaux divergents. Standard & Poor's a récemment abaissé sa note ; presque simultanément, Moody's a annoncé sa décision de maintenir la sienne inchangée. La prise de position de Moody's a donné des ailes à la devise. Mais l'euphorie pourrait être de courte durée : il n'est pas exclu que l'agence revoie sa note à la baisse au moment où Jacob Zuma présentera son budget, en février 2018. Si l'appréciation du rand face à l'euro ne s'explique que par l'espoir de voir élire un nouveau président, elle risque bien d'être prématurée ; il est donc très possible que la monnaie chute à nouveau bientôt. D'après les experts en devises, elle est actuellement légèrement survalorisée.