Crise des pays émergents ou non, plusieurs évolutions fondamentales se poursuivent. Tout d'abord, la part des pays émergents dans la consommation mondiale est toujours en progression. Alors qu'au cours de la période 2000-2010, seulement 22% de la consommation mondiale provenaient des marchés émergents contre 61% des pays du G7 (7 pays industrialisés les plus riches), ce rapport devrait évoluer au cours de la décennie en cours (2010-2020), pour s'établir à 50% (émergents) / 28% (G7).
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Crise des pays émergents ou non, plusieurs évolutions fondamentales se poursuivent. Tout d'abord, la part des pays émergents dans la consommation mondiale est toujours en progression. Alors qu'au cours de la période 2000-2010, seulement 22% de la consommation mondiale provenaient des marchés émergents contre 61% des pays du G7 (7 pays industrialisés les plus riches), ce rapport devrait évoluer au cours de la décennie en cours (2010-2020), pour s'établir à 50% (émergents) / 28% (G7).Autre paramètre immuable : la part de la consommation dans les économies émergentes ne cesse de croître. Cette consommation repose à son tour sur la hausse (importante) des salaires et des revenus, qui permet aux habitants de ces régions de participer au boom de la consommation.Désaltérons-nous...Pour prendre à nouveau l'exemple de la Chine : la combinaison du relèvement du niveau de vie et de la tendance à imiter les habitudes de consommation occidentales a donné lieu à une croissance spectaculaire du secteur des boissons rafraîchissantes depuis la fin du siècle dernier. Au cours de la période comprise entre 2000 et 2013, la croissance annuelle des volumes est ressortie à 10,7%. D'ici à 2020, celle-ci devrait encore augmenter d'environ 8% chaque année. Selon de nombreux spécialistes, la Chine deviendra le premier marché des boissons rafraîchissantes l'an prochain. Une évolution réjouissante, au moment justement où la consommation des sodas a tendance à baisser dans le monde occidental.Dans ce contexte, l'annonce par la presse financière internationale de milliards d'investissements en Chine et dans d'autres pays émergents par les plus grands acteurs du secteur ces derniers mois est on ne peut plus logique. Coca-Cola Company, par exemple, entend investir pas moins de 4 milliards USD dans la construction de nouvelles usines entre 2015 et 2017, alors que le mastodonte a déjà injecté le même montant au Moyen-Orient entre 2012 et 2014. Coke, avec une part de marché de 16%, est déjà le leader de son secteur en Chine.PepsiCo a pour sa part annoncé un nouvel investissement de 5,5 milliards USD en Inde au cours des années à venir, dans l'espoir d'y doubler sa capacité de production sur une période de sept années. L'Inde est le prochain débouché des géants des boissons fraîches, car la consommation y est encore nettement inférieure à la moyenne du reste du monde. En Inde, la consommation annuelle moyenne de Coca-Cola s'élève en effet à seulement 12 bouteilles par habitant, contre 92 en moyenne au niveau mondial et 230 au Brésil, par exemple. Coca-Cola investira donc encore 3 milliards sur ce marché dans les prochaines années.Cela dit, l'an dernier, les cours des géants des boissons ont été sous pression. L'action de Coca-Cola Company a elle-même sous-performé largement l'indice Standard&Poor's500 au cours des douze derniers mois. C'est l'une des raisons qui nous a poussés à braquer nos projecteurs sur cette valeur retardataire dans notre rubrique Flash (lire en page 7). Nous pensons que les investisseurs ont trop rapidement tourné le dos à cette entreprise dont le principal actionnaire n'est autre que Warren Buffett.