Doper la croissance de l'économie américaine, tel est l'objectif de Donald Trump. Pour l'atteindre, aucune piste n'est à exclure. Pas même les plus dangereuses. Si en 2017, il avait opté pour un allégement de l'impôt des sociétés, cette année, il compte sur quelques mesures protectionnistes. Or une réelle guerre commerciale ralentirait la croissance économique et réveillerait l'inflation. Si cette dernière augmentait, le plan de relance fiscale engagé aux Etats-Unis n'aurait plus d'effets. Il ne serait plus possible d'éviter le sujet...

Doper la croissance de l'économie américaine, tel est l'objectif de Donald Trump. Pour l'atteindre, aucune piste n'est à exclure. Pas même les plus dangereuses. Si en 2017, il avait opté pour un allégement de l'impôt des sociétés, cette année, il compte sur quelques mesures protectionnistes. Or une réelle guerre commerciale ralentirait la croissance économique et réveillerait l'inflation. Si cette dernière augmentait, le plan de relance fiscale engagé aux Etats-Unis n'aurait plus d'effets. Il ne serait plus possible d'éviter le sujet de la dette. Au lendemain de son approbation, nombre d'économistes avaient déclaré douter de l'efficacité de la réforme fiscale américaine. C'est davantage sur le moment choisi d'une telle relance qu'ils s'interrogeaient: une économie en récession ou qui en sort à peine profite certes plus de ce type de mesure qu'une économie en expansion depuis plusieurs années. La semaine dernière, l'information a été relayée partout: la dette américaine a franchi le seuil des 21.000 milliards de dollars. Selon le FMI, les stimuli fiscaux déployés aux Etats-Unis entraîneront un surcroît de déficit de 5% dans le budget américain pendant trois ans au minimum. Le taux d'endettement de l'Etat américain atteint peu à peu 80% du produit intérieur brut (PIB), un taux certes encore inférieur au niveau de certains pays européens - la Belgique, l'Italie, la Grèce -, mais qui se rapproche de la moyenne européenne. Aux Etat-Unis, la dette privée (celle des particuliers et des entreprises) est vertigineuse, par comparaison avec l'Europe, la seule dette des entreprises américaines correspondant à 75% du PIB, le niveau le plus élevé qu'elle ait atteint au cours de ce dernier quart de siècle. Les taux très bas expliquent ce sommet. Mais comme l'ajoutait le FMI dans son rapport, quelques mois plus tôt, toutes les régions du monde creusent leur dette. Le fardeau (public et privé, compte non tenu du secteur financier) planétaire n'a cessé d'augmenter depuis la crise bancaire de 2008-2009. Fin2016, il s'élevait à 164.000 milliards de dollars, soit 225% du PIB mondial. En2009, le ratio s'établissait encore à 205%. Ces dernières années, la Chine a énormément contribué à cette flambée, mais elle n'est pas l'unique grande responsable du pic atteint. La moitié de la dette accumulée dans le monde est également attribuable au Japon et aux Etats-Unis. Nul doute, dès lors, que si en 2019 la croissance connaît le ralentissement qu'annoncent aujourd'hui les économistes, le monde entrera dans une période difficile.Dans ce contexte, la sélectivité est d'ores et déjà de mise: l'investisseur privilégiera les obligations de qualité - liquides et de débiteurs bien notés.