Voilà qui résume parfaitement la saison des résultats des entreprises américaines: "Quatre à la suite". Les bénéfices ont baissé pour la quatrième fois consécutive en un an. Après les deuxième, troisième et quatrième trimestres 2015, le bénéfice du premier trimestre 2016 sera à nouveau inférieur au niveau de l'indice Standard&Poor's 500. Nous n'avons pas encore de chiffres définitifs mais le repli devrait être d'environ 8 ou 9% par rapport aux trois premiers mois de l'an dernier. Le grand responsable? Le secteur énergétique, avant tout. Cela dit, même quand on fil...

Voilà qui résume parfaitement la saison des résultats des entreprises américaines: "Quatre à la suite". Les bénéfices ont baissé pour la quatrième fois consécutive en un an. Après les deuxième, troisième et quatrième trimestres 2015, le bénéfice du premier trimestre 2016 sera à nouveau inférieur au niveau de l'indice Standard&Poor's 500. Nous n'avons pas encore de chiffres définitifs mais le repli devrait être d'environ 8 ou 9% par rapport aux trois premiers mois de l'an dernier. Le grand responsable? Le secteur énergétique, avant tout. Cela dit, même quand on filtre ce secteur des résultats, le repli atteint encore près de 4%. Par analogie avec la macroéconomie, on peut évoquer une récession de bénéfices pour les (plus) grandes entreprises américaines. On condamnera, il est vrai, en partie la pression haussière sur les salaires du fait de la pénurie de main-d'oeuvre aux États-Unis. Outre le constat que l'économie ralentit Outre-Atlantique, dans le sillage du reste du monde. Les indicateurs avancés avaient les premiers accusé le coup. Cette fois, le signal est clair: le redressement du marché de l'emploi est derrière nous. Le rapport sur l'emploi au mois d'avril est en effet décevant ("seulement" 160.000 nouveaux emplois). Il est un constat plus inquiétant cependant : la situation des bénéfices des entreprises (américaines) est encore moins réjouissante que celle dépeinte dans les rapports des entreprises elles-mêmes. Cet écart entre les chiffres publiés et réels est du reste de plus en plus souvent montré du doigt. En d'autres termes, la situation se complique, mais les entreprises communiquent de la manière la plus positive possible.Une récente chronique parue dans The Economist, intitulée "Sweet little lies" (traduction libre : "De doux mensonges"), pointe du doigt ces gérants d'entreprise qui se rangent désormais plus volontiers du côté des vendeurs que des comptables lors de la publication de leurs résultats. Le journal réputé décrit la saison des résultats comme un festival de fables, boniments et autres subterfuges. Il cite notamment l'exemple d'IBM, dont le CEO Ginni Rometty évoque, après seize trimestres consécutifs de baisse de son chiffre d'affaires, "une évolution dans le processus de transformation et une croissance à deux chiffres (...)", pour couvrir un repli de son bénéfice avant impôts de 66%, qui ressort à -27% même en excluant une série de facteurs négatifs.Nous l'affirmons depuis plusieurs mois et n'en démordons pas: ce ne sont pas les relèvements de taux par la Banque centrale américaine qui constituent la plus grande menace de renversement de tendance sur les Bourses occidentales, mais bien les bénéfices en repli des entreprises. En Europe aussi, les résultats trimestriels sont régulièrement décevants. Une stratégie d'investissement défensive demeure dès lors vivement conseillée.