Ces dernières années, l'inflation était le moindre des soucis des investisseurs européens. En raison de la baisse constante des prix de l'énergie et du ralentissement de la croissance mondiale, ils craignaient au contraire un épisode déflationniste - une baisse tenace des prix. En général, une baisse des prix consécutive à un ralentissement de la croissance économique incite les consommateurs à reporter leurs achats, ce qui renforce encore le malaise. Au début de l'an dernier et de cette année, l'inflation a plongé à plusieurs reprises sous 0% dans la zone euro. Depuis peu, la tendance s'y est infléchie, et le mois d'octobre a été marqué par l'inflation la plus élevée depuis début juin 2014. En cause: la reprise économique, ainsi que la récente hausse des prix de l'énergie. Le net recul du cours du pétrole avait largement contribué à la très faible inflation dans la zone euro ces dernières années. En outre, le ralentissement de la croissance en Chine s'est finalement avéré moins marqué que prévu, ce qui a limité la baisse des cours des matières premières (une autre cause importante du recul constant de l'inflation ces dernières années). Selon la Banque nationale de Belgique, le redressement du cours du pétrole favorisera un regain d'inflation. L'inflation s'établirait ainsi à 1,3% dans la ...

Ces dernières années, l'inflation était le moindre des soucis des investisseurs européens. En raison de la baisse constante des prix de l'énergie et du ralentissement de la croissance mondiale, ils craignaient au contraire un épisode déflationniste - une baisse tenace des prix. En général, une baisse des prix consécutive à un ralentissement de la croissance économique incite les consommateurs à reporter leurs achats, ce qui renforce encore le malaise. Au début de l'an dernier et de cette année, l'inflation a plongé à plusieurs reprises sous 0% dans la zone euro. Depuis peu, la tendance s'y est infléchie, et le mois d'octobre a été marqué par l'inflation la plus élevée depuis début juin 2014. En cause: la reprise économique, ainsi que la récente hausse des prix de l'énergie. Le net recul du cours du pétrole avait largement contribué à la très faible inflation dans la zone euro ces dernières années. En outre, le ralentissement de la croissance en Chine s'est finalement avéré moins marqué que prévu, ce qui a limité la baisse des cours des matières premières (une autre cause importante du recul constant de l'inflation ces dernières années). Selon la Banque nationale de Belgique, le redressement du cours du pétrole favorisera un regain d'inflation. L'inflation s'établirait ainsi à 1,3% dans la zone euro l'an prochain, contre à peine 0,3% cette année. Pour les investisseurs en obligations, l'inflation est une mauvaise nouvelle: le coupon fixe et le remboursement du principal initial à l'échéance des obligations classiques ne les protègent pas contre l'érosion de leur pouvoir d'achat. Les amateurs d'obligations peuvent cependant se couvrir contre l'inflation à l'aide d'obligations indexées sur l'inflation, dont le principal est indexé sur l'inflation. À l'échéance, l'investisseur récupère donc le montant indexé. En cas d'inflation, le principal augmente; en cas de déflation, il diminue (même si la plupart des obligations indexées sur l'inflation prévoient que le principal ne peut jamais retomber sous le prix d'émission initial de 100%). Le coupon est recalculé chaque année sur le principal indexé. Imaginez qu'une obligation indexée sur l'inflation propose un coupon de 3% et que l'inflation se monte à 2%: l'investisseur recevra cette année-là un coupon de 3% sur le principal indexé de 102% (100% + 2% d'inflation), à savoir 3,06%. Certaines obligations indexées sur l'inflation proposent un coupon indexé, mais elles sont moins fréquentes. En raison du mécanisme d'indexation, le coupon des obligations indexées sur l'inflation est généralement plus faible que celui des obligations ordinaires. Il faut également savoir qu'un précompte mobilier est retenu non seulement sur le coupon périodique, mais aussi sur la plus-value à l'échéance (l'écart entre le principal indexé et le principal initial).Vu le risque de déflation qui planait sur la zone euro, les obligations indexées sur l'inflation en euro n'étaient pas particulièrement populaires ces dernières années. Le Bloomberg Barclays Euro Government Inflation-Linked Bond Index fluctue autour du même niveau depuis juillet 2014. Les obligations indexées sur l'inflation en euro sont surtout émises par des pouvoirs publics et des banques. Les premières constituent le choix le plus évident, vu leur plus grande liquidité et la solvabilité plus élevée de leur émetteur. L'an dernier, la Belgique a émis pour la première fois une obligation indexée sur l'inflation à destination des grands investisseurs. Le plus grand émetteur d'obligations indexées sur l'inflation en euro est cependant la France. Le pays émet régulièrement deux types d'obligations indexées sur l'inflation, l'OATi et l'OAT€i (OAT pour Obligations Assimilables du Trésor). Toutes deux proposent un coupon fixe calculé sur le principal indexé. Dans le cas des premières, le principal est indexé sur l'indice des prix à la consommation français, alors qu'on utilise l'indice des prix harmonisé de la zone euro pour les secondes. Le point mort de l'inflation - le niveau d'inflation où le rendement d'une obligation indexée sur l'inflation est égal à celui d'une obligation publique ordinaire -s'élève cette année à 0,9% pour les obligations publiques françaises à 10ans indexées sur l'inflation. Les investisseurs qui s'attendent à une inflation supérieure au point mort d'inflation ont donc intérêt à acheter des obligations indexées sur l'inflation.Cette protection n'est cependant pas gratuite. Le programme de rachat d'obligations de la Banque centrale européenne a tiré à la hausse les cours de toutes les obligations publiques en euro - y compris ceux des obligations publiques indexées sur l'inflation _, à tel point que les nouvelles émissions affichent des rendements négatifs. C'est le cas des deux émissions les plus récentes du Trésor français: la nouvelle OAT€i à 7ans et 9mois (échéance le 25/07/2024) assortie d'un coupon de 0,25% se traite actuellement à 111%, alors que la nouvelle OAT€i à 10ans et 9mois (échéance le 25/07/2027) assortie d'un coupon de 1,85% se négocie à plus de 130%. Il en va de même pour les six obligations publiques allemandes indexées sur l'inflation qui sont en circulation (dont les échéances varient de 1,5 à 29,5ans). En cas d'absence d'inflation au cours des années à venir, vous devrez donc supporter un rendement négatif. Une solution intéressante pour les petits investisseurs (qui peinent à diversifier suffisamment leur portefeuille obligataire à un coût réduit) est le Lyxor EuroMTS Inflation Linked Investment Grade (DR) UCITS ETF (Euronext Paris, ticker: MTI, code ISIN: FR0010174292). Ce tracker suit le MTS Mid Price Investment Grade Inflation-Linked Bond Index, qui mesure la performance des obligations publiques indexées sur l'inflation les plus importantes et les plus liquides de la zone euro. En échange de 0,2% de frais annuels, ce tracker vous permet d'investir dans un portefeuille bien diversifié, au niveau des échéances, d'obligations publiques indexées sur l'inflation françaises (45,6%), italiennes (31,2%), allemandes (16,8%) et espagnoles (6,3%). Par rapport à l'excellente note de solvabilité de l'Allemagne (AAA chez S&P, Aaa chez Moody's) et de la France (AA chez S&P, Aa2 chez Moody's), vous devrez cependant accepter les notes plus faibles de l'Italie (BBB- chez S&P, Baa2 chez Moody's) et de l'Espagne (BBB+ chez S&P, Baa2 chez Moody's). Autre élément important: ce tracker ne distribue pas de coupon. Les coupons des obligations dans lesquelles il investit sont automatiquement capitalisés (c'est-à-dire réinvestis).