L'issue même de la réunion n'a pas surpris le marché. Plusieurs représentants officiels de l'OPEP avaient déjà fait état d'un accord informel à la veille de la réunion. Depuis janvier, la production est réduite de 1,8 million de barils de brut par jour. Cet accord signé en novembre expirait normalement en juin, mais il sera donc prolongé de neuf mois jusqu'à fin mars 2018. Outre la plupart des pays membres de l'OPEP, la Russie est à nouveau partie prenante à la réduction de la production.
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L'issue même de la réunion n'a pas surpris le marché. Plusieurs représentants officiels de l'OPEP avaient déjà fait état d'un accord informel à la veille de la réunion. Depuis janvier, la production est réduite de 1,8 million de barils de brut par jour. Cet accord signé en novembre expirait normalement en juin, mais il sera donc prolongé de neuf mois jusqu'à fin mars 2018. Outre la plupart des pays membres de l'OPEP, la Russie est à nouveau partie prenante à la réduction de la production. En propulsant le cours du pétrole en hausse ces dernières semaines, le marché avait clairement déjà anticipé pareil accord. Après la réunion, on a donc assisté à une réaction dite " sell the news ". Comme le retour à l'équilibre du marché dure plus longtemps que prévu malgré les limitations de la production, certaines parties avaient espéré plus qu'une simple prolongation de l'accord existant : une réduction plus importante de la production ou une limitation des exportations vers certains pays. L'OPEP et la Russie tablent surtout sur l'offre pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. C'est le facteur qu'ils maîtrisent. Sans doute la demande de pétrole brut va-t-elle déjà dépasser l'offre cette année, mais cela ne suffira en soi pas pour justifier une hausse des cours : il est également nécessaire de réduire les réserves. Et celles-ci fluctuent toujours à proximité de leur sommet historique, malgré huit semaines consécutives de baisse aux États-Unis. Ce n'est pas le cas en Asie, le continent qui héberge trois des plus grands acheteurs de pétrole brut. La diminution des stocks aux États-Unis est imputable à une baisse des importations d'Arabie Saoudite. Les exportations des pays membres de l'OPEP (notamment des États du Golfe) vers l'Asie restent cependant élevées. Le cartel ne veut en effet pas céder trop de parts de marché. Les États-Unis voient cependant leur part de marché augmenter en Asie. La production américaine de pétrole brut atteint désormais 9,3 millions de barils par jour, soit 550.000 barils de plus qu'il y a un an. De plus, le nombre d'installations de forage en service est toujours en hausse. L'OPEP et la Russie veulent une hausse des prix, mais celle-ci ne doit pas être trop rapide pour ne pas encourager davantage la production de pétrole de schiste. C'est également la raison pour laquelle le pétrole continuera plus que probablement à fluctuer dans la fourchette de cours assez étroite où il évolue depuis quelques semaines. En cas de baisse vers les 45 dollars, une position acheteuse pourrait être intéressante. À l'inverse, une hausse vers les 60 dollars offrirait des opportunités pour une position vendeuse.