Ces dernières années peuvent être définies comme celles de la percée de l'Afrique dans le monde financier. La communauté internationale des investisseurs a découvert la région seulement récemment, et c'est la première fois qu'elle doit faire face à une actualité moins réjouissante. Au cours de la période comprise entre 2005 et 2014 en effet, des dix pays enregistrant la croissance la plus sensible sur la planète, six étaient africains. C'est ainsi qu'est née l'expression, par analogie avec les Tigres asiatiques, des Lions africains.
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Ces dernières années peuvent être définies comme celles de la percée de l'Afrique dans le monde financier. La communauté internationale des investisseurs a découvert la région seulement récemment, et c'est la première fois qu'elle doit faire face à une actualité moins réjouissante. Au cours de la période comprise entre 2005 et 2014 en effet, des dix pays enregistrant la croissance la plus sensible sur la planète, six étaient africains. C'est ainsi qu'est née l'expression, par analogie avec les Tigres asiatiques, des Lions africains.La probabilité est grande que dans les prochaines années, plusieurs pays africains sortent de ce classement, car leur croissance, qui était encore supérieure à 5% ces dernières années, pourrait revenir aux environs de 3% cette année, selon les dernières prévisions de la Banque Mondiale. Soit à peine plus que la croissance attendue de la population, de 2,7%. L'optimisme à l'égard de l'Afrique est du reste mis à l'épreuve ces derniers jours par la chute des prix des matières premières. D'abord, les cours pétroliers ont beaucoup baissé ces deux dernières années, affectant au passage l'économie d'exportateurs pétroliers tels que le Nigeria et l'Angola. Selon certains économistes et stratèges, ces deux pays devront demander l'aide du FMI cette année pour pouvoir garder la tête hors de l'eau.À court terme, il y a de quoi s'inquiéter, effectivement. Pourtant, en ce qui nous concerne, ces pays demeurent prometteurs dans une perspective de long terme. Enfin, l'Afrique abrite encore 1,2milliard de consommateurs potentiels. Selon les Nations Unies, en 2050, un quart de la population mondiale, soit 2,5milliards d'âmes (le double par rapport à aujourd'hui) vivra en Afrique. Les Nations Unies ajoutent que la pauvreté en Afrique a baissé de 29% en dix ans alors que le nombre d'enfants scolarisés a augmenté d'un tiers, une progression sans précédent. Qui plus est, pas moins de 17pays africains (un tiers, autrement dit) tirent profit du malaise actuel des matières premières et affichent une croissance solide.La réalisation de ce potentiel africain (énorme) demandera du temps, et sera parsemée d'embûches. Une perspective de long terme est indispensable pour qui souhaite investir en Afrique. Les opportunités d'investissements individuelles demeurent rares. Texaf est un petit holding belge, une valeur que nous suivons depuis longtemps, dont l'activité est centrée sur la promotion immobilière à Kinshasa. Or la République Démocratique du Congo (RDC) traverse une année difficile sur le plan économique et peut-être même politique (élections présidentielles?). Il y a deux semaines, nous vous présentions CFAO, active de manière plus large en Afrique. Sa liquidité limitée et sa faible notoriété constituent ses points faibles. Le holding Bolloré _ également coté sur Euronext Paris _ est l'une des rares possibilités d'investir directement en Afrique. Après le repli de cours de l'an dernier, nous réintégrons l'action en Sélection (lire la rubrique Flash).