Les chiffres d'Alcoa (lire également en rubrique Actions américaines) marquent à nouveau le coup d'envoi officieux de la saison des résultats aux Etats-Unis. Celle-ci pourrait être surprenante, en ce sens que la hausse du dollar (USD) aura pesé l'an dernier sur les chiffres, qui devraient dès lors être nettement moins enthousiasmants que ce à quoi nous avons été habitués ces dernières années. Le billet vert n'avait plus connu pareille hausse face aux devises européennes en l'espace d'un an depuis les années 1980. C'est aussi la raison pour laquelle la Federal Reserve tente de temporiser avec ses relèvements de taux dans un contexte où l'assouplis...

Les chiffres d'Alcoa (lire également en rubrique Actions américaines) marquent à nouveau le coup d'envoi officieux de la saison des résultats aux Etats-Unis. Celle-ci pourrait être surprenante, en ce sens que la hausse du dollar (USD) aura pesé l'an dernier sur les chiffres, qui devraient dès lors être nettement moins enthousiasmants que ce à quoi nous avons été habitués ces dernières années. Le billet vert n'avait plus connu pareille hausse face aux devises européennes en l'espace d'un an depuis les années 1980. C'est aussi la raison pour laquelle la Federal Reserve tente de temporiser avec ses relèvements de taux dans un contexte où l'assouplissement quantitatif (QE) est la norme.Les analystes prévoient que les résultats du premier trimestre seront inférieurs. Et pas de 1% ou 2%. En moyenne, on tient compte, pour les entreprises de l'indice Standard&Poor's 500, d'une baisse de 5,8% ! La cause ne réside pas seulement dans le dollar cher, mais aussi dans le repli sensible des prix du pétrole et des métaux au cours des douze derniers mois, qui pèse sur les résultats des spécialistes des secteurs du pétrole et des matières premières. Ceux-ci ont un poids non négligeable dans les principaux indices boursiers.2% de croissance bénéficiaire en 2015Vu ces débuts difficiles, on ne s'étonnera pas que les prévisions de bénéfice pour l'ensemble de l'année doivent être revues considérablement à la baisse. A l'automne de l'an dernier, on tablait encore pour cette année sur une augmentation moyenne des bénéfices des entreprises d'environ 10%. En janvier, la projection ressortait à seulement 7 ou 8% et pour l'heure, au printemps, ce pourcentage de croissance n'atteint plus que 2%. Nous suspectons que les analystes aient placé la barre tellement bas (volontairement) pour que les grandes entreprises américaines puissent atteindre les prévisions. En soi, la saison des résultats devrait donc être très mauvaise pour provoquer une baisse du marché. Le fait que depuis le début de l'année l'indice S&P500 ait sous-performé de quelque 20% l'indice Eurostoxx 50 ou le Stoxx 600 tient compte de l'abaissement des prévisions de bénéfices aux Etats-Unis et du relèvement des prévisions de bénéfices en Europe. Que la croissance des bénéfices soit limitée cette année sur Wall Street freine à l'évidence le potentiel d'appréciation des Bourses américaines. Comme nous l'annoncions dans notre numéro précédent, la valorisation sur Wall Street est déjà bien supérieure à la moyenne. Une valorisation moyenne de quelque 18 fois le bénéfice escompté pour cette année nous ferait basculer dans la zone de danger à la moindre hausse ultérieure non étayée par une croissance des bénéfices. Dans la mesure où les marges bénéficiaires sont déjà à un record historique, seule une baisse (considérable) du dollar pourrait insuffler un nouveau potentiel haussier à la Bourse américaine. Cela dit, pour un investisseur européen, cette évolution n'offrirait pas réellement de soulagement. Par voie de conséquence, nous ne pensons certainement pas racheter à court terme un lot de valeurs indicielles américaines. Même s'il y a lieu de préciser qu'en matière de valorisation, l'Europe rattrape très rapidement son retard et que seuls les pays émergents sont encore " bon marché ".