Pas spécialement, car leur modèle de gain est fixé par la loi et découplé de l'évolution des prix et des volumes. L'augmentation prévue de ses actifs pourrait néanmoins être indicative dans le cas d'Elia. L'Europe ayant besoin, pour soutenir ses ambitions climatiques, d'un réseau haute tension performant, les possibilités d'investissement sont considérables. Elia a annoncé en avril vouloir accroître sa base d'actifs de 8,5% par an entre 2021...

Pas spécialement, car leur modèle de gain est fixé par la loi et découplé de l'évolution des prix et des volumes. L'augmentation prévue de ses actifs pourrait néanmoins être indicative dans le cas d'Elia. L'Europe ayant besoin, pour soutenir ses ambitions climatiques, d'un réseau haute tension performant, les possibilités d'investissement sont considérables. Elia a annoncé en avril vouloir accroître sa base d'actifs de 8,5% par an entre 2021 et 2025, en investissant un total de 3,2 milliards d'euros en Belgique et de 4,7 milliards en Allemagne. Compte tenu de la hausse temporaire des frais de maintenance en Allemagne, qui fait passer de 7,2% en 2020 à 5,5-6,5% le rendement sur fonds propres, 2021 sera une année de transition mais, fort de semestriels légèrement supérieurs aux attentes, le groupe vise désormais le haut de cette fourchette. En 2022 et 2023, le redressement pourrait atteindre 6,5-7,5%. Le modèle tarifaire appliqué outre-Rhin dès 2024 pourrait peser sur les rendements. L'action a gagné 12% depuis la publication des semestriels. Son statut d'obligation publique l'a sans doute fait profiter de la baisse des taux longs, puisqu'elle a progressé de 22% (dividende brut de 1,71 euro par action, soit un rendement brut de 1,6%, inclus) depuis que nous l'avons assortie d'un conseil d'achat, fin 2020. A un rapport cours/bénéfice escompté de 29, nous n'entrevoyons guère de potentiel haussier et ramenons le conseil à conserver (rating 2A). Fluxys, dont le rendement en dividende atteint 4,3% brut, est elle aussi choisie pour ses qualités d'obligation souveraine. Ses revenus (500-560 millions) et son bénéfice (1 euro environ par action) sont stables depuis des années. La mise en service, fin 2019, d'une 5e citerne à Zeebruges, a engendré une hausse de 5% de son chiffre d'affaires et de son bénéfice en 2020. Fluxys profitera de la transition énergétique, mais son potentiel de croissance est plus faible que celui d'Elia. Les positions existantes sont à conserver; pour des achats, nous préférons, sur repli, l'action Elia, (bien) plus performante depuis cinq ans. Vu le profil de croissance et la visibilité d'Elia, qui a réintégré le Bel 20 en mars, nous n'attendons pas d'évolution structurelle.