Le prix de la livre d'uranium sur le marché spot (livraison dans les 12 mois) tourne depuis tout un temps autour de 30 dollars. Pour les contrats d'une durée plus longue, il est généralement de 15% à 20% supérieur - des chiffres qui, pour la plupart des producteurs d'uranium, ne suffisent pas à atteindre le seuil de rentabilité. Investir dans de nouvelles capacités de production n'est donc plus possible, d'où la mise à l'arrêt de plusieurs mines....

Le prix de la livre d'uranium sur le marché spot (livraison dans les 12 mois) tourne depuis tout un temps autour de 30 dollars. Pour les contrats d'une durée plus longue, il est généralement de 15% à 20% supérieur - des chiffres qui, pour la plupart des producteurs d'uranium, ne suffisent pas à atteindre le seuil de rentabilité. Investir dans de nouvelles capacités de production n'est donc plus possible, d'où la mise à l'arrêt de plusieurs mines.La tendance mondiale à l'électrification et la demande croissante d'énergie jouent toutefois en faveur de l'uranium. Le marché primaire (production minière) est déficitaire depuis plusieurs années, ce que compensent les stocks existants et le recyclage. Selon le bureau d'étude Ux Consulting, la demande devrait atteindre cette année 170 à 175 millions de livres, pour une production estimée à 130 millions de livres et une offre secondaire de 45 millions de livres. D'ici à 2035, elle s'élèvera à 210 millions de livres, alors que l'offre ne dépassera pas 110-115 millions de livres.Si aucun problème n'est à craindre dans l'immédiat, un tiers de la consommation d'uranium ne sera pas couvert par des contrats en 2025 (deux tiers, en 2030). Mais grâce à la remontée des prix, seul élément susceptible de stimuler l'offre, les volumes devraient augmenter peu à peu sur le marché des contrats à terme. Si c'est en Asie que les pénuries seront les plus marquées, le nucléaire remonte dans l'agenda politique américain depuis que les Etats-Unis ont réintégré l'accord de Paris sur le climat. Le pays mise sur une nouvelle génération de réacteurs; les réserves stratégiques vont être étoffées et la prolongation du Russian Suspension Agreement, qui limite les importations d'uranium russe bon marché, donne un coup de pouce à l'industrie nord-américaine de l'uranium. Les trackers américains axés sur ce secteur ne sont, à moins de disposer d'un compte américain, pas accessibles aux Européens. Les cinq plus grandes entreprises assurent 70% de la production primaire d'uranium. Cameco est en portefeuille. Energy Fuels, Ur-Energy ou Fission Uranium sont un peu plus risqués. Par le biais d'Uranium Participation, également en portefeuille, ou de YellowCake, l'on peut investir dans l'uranium physique.