C'est un thème au sujet duquel économistes et stratèges sont intarissables : le premier resserrement monétaire américain depuis juin 2006 semble être l'événement déterminant pour les marchés financiers. De nombreuses évolutions récentes survenues sur plusieurs marchés (boursiers, obligataires, monétaires, des matières premières, etc.) s'expliquent par la prévision d'un revirement imminent de tendance au niveau de la politique monétaire de la Banque centrale américaine. La dévaluation du yuan chinois (CNY) a elle aussi contribué à alimenter les turbulences sur les marchés au cours des dernières semaines. Ce jeudi (17/9), nombre d...

C'est un thème au sujet duquel économistes et stratèges sont intarissables : le premier resserrement monétaire américain depuis juin 2006 semble être l'événement déterminant pour les marchés financiers. De nombreuses évolutions récentes survenues sur plusieurs marchés (boursiers, obligataires, monétaires, des matières premières, etc.) s'expliquent par la prévision d'un revirement imminent de tendance au niveau de la politique monétaire de la Banque centrale américaine. La dévaluation du yuan chinois (CNY) a elle aussi contribué à alimenter les turbulences sur les marchés au cours des dernières semaines. Ce jeudi (17/9), nombre d'opérateurs auront les yeux rivés sur les canaux d'informations. L'issue de la réunion de la Réserve fédérale (Fed) pourrait entrer dans les annales s'il s'agit d'un relèvement de taux. Cela dit, nous estimons cette probabilité à moins de 50%. Car les turbulences en Chine et les prévisions d'inflation revues à la baisse qui en découlent directement (résultant essentiellement de la chute libre des cours pétroliers et d'autres matières premières) ont fourni autant d'arguments supplémentaires à la Fed pour attendre encore et " refiler la patate chaude ". De même, l'indicateur PMI (indicateur des directeurs d'achat) récemment publié pour l'industrie américaine, qui est faible contre toute attente, pourrait inciter les directeurs de la Fed à voter non. D'autre part, il faut revenir à 2008 pour comprendre l'argumentation de son président de l'époque, Ben Bernanke. Cette mesure exceptionnelle de taux zéro devait contribuer à soutenir le redressement du secteur financier, du marché immobilier et de l'emploi. Près de sept ans plus tard, l'objectif est atteint. Voilà qui est déjà éloquent pour la présidente actuelle Janet Yellen.Frein à la hausse du dollarLors de la plus récente réunion de la Banque centrale européenne, le président Mario Draghi a clairement laissé entendre que si la croissance et l'inflation reculaient malgré tout, la BCE était prête à intervenir à nouveau. D'autres banques centrales sont également disposées à abaisser encore les taux et assouplir davantage leur politique monétaire. Par exemple en affaiblissant encore leur monnaie. Ce sujet aussi préoccupe la Fed, qui doit s'assurer que le dollar ne prenne pas trop de hauteur par rapport aux autres devises. Un dollar plus vigoureux encore au moment où l'économie mondiale ralentit peut rendre la vie dure à l'industrie américaine.Nous pensons qu'il est temps que la Fed s'exprime plus clairement. Soit en promettant un relèvement effectif des taux, soit en suggérant que la prochaine étape n'est pas pour tout de suite. A en croire l'évolution des futures sur les marchés monétaires américains, un deuxième relèvement de taux n'est pas attendu avant au moins six mois. Si Yellen & Co ne décident à nouveau pas d'un relèvement, nous espérons au moins qu'ils justifieront leur décision et s'exprimeront clairement par rapport à leurs intentions.Un taux à 0%, 0,25% voire 0,50% n'est en soi pas déterminant pour l'économie américaine. Tout tourne plus que jamais autour de la crédibilité et de la confiance dans la Fed, qui doivent être maintenues à tout prix.