Si une chose, sur les marchés financiers, est sûre, c'est que les cours du pétrole s'envolent lorsque le climat, au Moyen-Orient, se dégrade. Sans surprise, l'assassinat du général Qassem Soleimani a fait bondir le prix du baril de Brent de la mer du Nord à plus de 70 dollars, tandis qu'à 65 dollars, le West Texas Intermediate (WTI) atteignait son plus haut niveau depuis avril. Un scénario similaire s'était produit après l'attaque d'Abqaiq, en Arabie saoudite, à la mi-septembr...

Si une chose, sur les marchés financiers, est sûre, c'est que les cours du pétrole s'envolent lorsque le climat, au Moyen-Orient, se dégrade. Sans surprise, l'assassinat du général Qassem Soleimani a fait bondir le prix du baril de Brent de la mer du Nord à plus de 70 dollars, tandis qu'à 65 dollars, le West Texas Intermediate (WTI) atteignait son plus haut niveau depuis avril. Un scénario similaire s'était produit après l'attaque d'Abqaiq, en Arabie saoudite, à la mi-septembre.Le cours du pétrole intègre automatiquement une prime d'anxiété en prévision de problèmes d'approvisionnement. Si ceux-ci ne se produisent pas, la prime s'éteint progressivement; ce fut le cas en septembre, notamment. L'éventuelle répétition de ce scénario dépend aujourd'hui de l'attitude de l'Iran et des Etats-Unis. Les pays de l'OPEP produisent 15 millions de barils de brut par jour; une part importante de ces volumes, destinée à l'exportation, passe par le détroit d'Ormuz, que l'Iran pourrait fermer. Brent et WTI sont toutefois aujourd'hui retombés à 65 et 60 dollars respectivement.Le pétrole s'est enchéri depuis novembre en raison de la détente des relations entre les Etats-Unis et la Chine et de la limitation, plus marquée que prévu, de la production par l'OPEP et la Russie. Cette remontée avait perdu de son élan ces dernières semaines, mais les nouvelles tensions l'ont ravivée. La marge de hausse semble néanmoins limitée: la capacité de production est suffisante et aucune pénurie ne menace. Du reste, les contrats à terme à échéance longue sont meilleur marché que ceux à échéance courte (backwardation). Enfin, l'Arabie saoudite a tout intérêt, sur les plans politique, économique et militaire, à ce que Donald Trump soit réélu cette année, or celui-ci ne veut pas d'une augmentation exagérée des prix du pétrole.Si le cours du baril de brut remontait à 70-75 dollars, les investisseurs pourraient prendre des positions short - pour autant, bien sûr, que les violences ne s'intensifient pas davantage et n'hypothèquent pas longuement la capacité de production de la région. Tous les grands émetteurs de produits à effet de levier proposent plusieurs turbos short, ce qui garantit de faibles spreads. Nous suggérons l'ETF WisdomTree WTI Crude Oil Daily short, un tracker inverse sans effet de levier qui s'échange sur la plateforme électronique allemande Xetra (ticker: 9GA7; code ISIN: DE000A0V9XY2).