Il y a un an, l'avenir était sombre pour les matières premières en tant que catégorie d'actifs. Surcapacité, croissance économique molle, craintes d'un atterrissage en catastrophe de l'économie chinoise, et d'entreprises (de matières premières) et d'États surendettés coexistaient. Mais le ciel s'est éclairci en 2016 et, après cinq années successives de baisse des cours, les indices des matières premières affichent à nouveau un rendement positif. Les progrès les plus spectaculaires ont été enregistrés dans les indices où l'énergie est...

Il y a un an, l'avenir était sombre pour les matières premières en tant que catégorie d'actifs. Surcapacité, croissance économique molle, craintes d'un atterrissage en catastrophe de l'économie chinoise, et d'entreprises (de matières premières) et d'États surendettés coexistaient. Mais le ciel s'est éclairci en 2016 et, après cinq années successives de baisse des cours, les indices des matières premières affichent à nouveau un rendement positif. Les progrès les plus spectaculaires ont été enregistrés dans les indices où l'énergie est prépondérante. Les banques croient en tout cas à une poursuite de la tendance haussière en 2017. Goldman Sachs s'est exprimée positivement sur les matières premières pour la première fois en quatre ans, et tant Citigroup que Bank of America Merrill Lynch anticipent des hausses de cours. Cet optimisme se fonde sur le scénario de "reflation", selon lequel une hausse des investissements dans l'infrastructure aux États-Unis et en Chine se traduira par une augmentation de la demande de matières premières. Alors que les marchés d'actions atteignent des sommets, les investisseurs institutionnels aussi recommencent à s'intéresser aux matières premières comme source de diversification. Une hausse des cours pourrait cependant entraîner la remise en service de capacités de production supplémentaires. Sur le marché de l'énergie par exemple, l'industrie américaine du gaz et du pétrole de schiste pourrait accroître à nouveau sa production. Dans les métaux de base, les fournisseurs chinois sont également à même d'embrayer très rapidement. Du côté de la demande, les ambitions et les projets de Donald Trump doivent encore se traduire en actes. Ce ne sera pas évident. En Chine, l'augmentation de l'endettement met un frein à de nouveaux stimuli économiques. Un autre risque réside dans une hausse trop rapide du dollar américain et des taux. Jusqu'à présent, le marché a ignoré ces deux éléments, mais il pourrait en tenir compte si la tendance actuelle s'intensifiait en 2017. Nous nous attendons également à un redressement des métaux précieux en 2017. L'or et l'argent ont gagné respectivement 8,5 et 16% en 2016. Mais ceci ne constitue finalement qu'une performance médiocre après trois années de baisse successives (2013-2015). À court terme, le sentiment négatif et l'accent placé sur la hausse des taux aux États-Unis pourraient encore peser sur les cours. Des matières premières restées en retrait ou excessivement sanctionnées comme le platine, le cacao, le blé et le maïs sont également porteuses d'opportunités à nos yeux. Nous y reviendrons au cours des semaines à venir.