Malgré une " double " interruption des échanges, les Bourses chinoises locales ont déjà perdu 15% en sept séances à peine, contre 7% en Europe pour l'Eurostoxx50 sur la première semaine boursière. Les marchés occidentaux n'avaient plus connu de début d'année aussi turbulent depuis plusieurs décennies.
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Malgré une " double " interruption des échanges, les Bourses chinoises locales ont déjà perdu 15% en sept séances à peine, contre 7% en Europe pour l'Eurostoxx50 sur la première semaine boursière. Les marchés occidentaux n'avaient plus connu de début d'année aussi turbulent depuis plusieurs décennies.Dans la mesure où les dépôts d'épargne rapportent peu dans les principales banques d'État, de plus en plus de Chinois ont choisi d'investir dans l'immobilier, ce qui s'est traduit par une hausse des prix. Lorsque l'État a finalement percé la bulle immobilière, quelque 70 millions de ménages chinois se sont tournés vers les Bourses locales, sans être familiarisés avec cette catégorie d'actifs. Étonnamment, l'État chinois n'est pas intervenu, et la spéculation a continué d'aller bon train, malgré des signes de ralentissement sensible de l'économie. Entre l'automne 2014 et l'été 2015 en effet, les Bourses chinoises ont connu une expansion de 150%.Lorsque l'été dernier la tendance boursière a changé, les autorités chinoises ont cependant commencé à paniquer : les fonds d'État ont été contraints d'acheter des actions, les actionnaires de référence ne pouvaient alors plus en vendre, le shorting (stratégie consistant à miser sur une baisse des cours) fut interdit pendant six mois, des mécanismes de limitation de la baisse des indices furent mis en place, les taux ont été abaissés tous azimuts, le couplement yuan/dollar a été abandonné, etc. Ces nombreuses mesures, qui ont prêté le flanc à de vives critiques, ont davantage alimenté le vent de panique que contribué à un apaisement du sentiment de marché. Trois à quatre mois plus tard, le scénario se répète. A nouveau, les autorités réagissent vivement en interrompant les échanges, en forçant les achats par les fonds d'État et en affaiblissant le yuan. Des mesures qui, une fois encore, contribuent à échauffer les esprits et préparent le crash du jour suivant. L'homme fort de la Chine, Xi Jinping, va pourtant devoir se retrousser les manches, dans la mesure où pour la première fois depuis longtemps, le pays se prépare à connaître une très profonde crise de croissance. Il lui faudra poursuivre les réformes, comme le démantèlement des sociétés étatiques inefficaces, et donc solliciter le soutien de la population pour ramener l'économie sur les rails.Des 136 réformes approuvées par l'ancien Parti du Congrès en 2013, une poignée seulement ont effectivement été mises en place. Le Parti communiste se montre nerveux et attentiste, de crainte d'aviver les tensions sociales et ethniques. Il est pourtant impératif de s'attaquer au mal en profondeur ; la Chine ne peut plus se contenter de traiter les symptômes. Au risque de devenir un facteur d'instabilité, tant en termes de politique internationale qu'en ce qui concerne ses marchés financiers.