Certaines villes brésiliennes ont carrément supprimé le carnaval par manque d'argent. La décision est antérieure à l'actualité autour du virus zika qui tient le Brésil et toute l'Amérique Latine en haleine actuellement.
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Certaines villes brésiliennes ont carrément supprimé le carnaval par manque d'argent. La décision est antérieure à l'actualité autour du virus zika qui tient le Brésil et toute l'Amérique Latine en haleine actuellement. L'économie brésilienne traverse la crise la plus profonde des cinquante dernières années, doublée d'une grave récession. On estime que cette année, elle devrait connaître une régression de 2,5 à 3%. En outre, l'économie brésilienne est confrontée à un taux d'inflation très élevé de quelque 10%, conséquence de la baisse persistante du réal brésilien (BRL), d'un déficit budgétaire important (quelque 10% pour 2015) et d'une dette publique qui atteint désormais déjà 70% du produit intérieur brut. La politique désastreuse de la présidente du Parti travailliste, Dilma Rousseff, a transformé une situation délicate (chute des prix des matières premières) en situation dramatique. La récession ampute les revenus fiscaux et le ministre des Finances, Joaquim Levy, a récemment démissionné par manque de soutien dans sa mission d'assainissement budgétaire. Dans l'intervalle, un scandale de corruption a éclaté autour du géant pétrolier national Petrobras, éclaboussant la présidente au passage. L'agenda politique des prochains mois risque d'être dominé par les tentatives de l'opposition de destituer Rousseff. Indépendamment de cela, reste à savoir si le Parti travailliste osera aller jusqu'aux Jeux Olympiques avec la très impopulaire Rousseff. Des protestations massives, pendant et avant les Jeux, sont à prévoir. Pendant ce temps, les réformes cruciales comme celle des pensions ne sont toujours pas mises en place. Au Brésil, les femmes prennent leur retraite en moyenne à 50 ans, les hommes à 55. Le Brésil consacre dès lors 12% de son PIB aux retraites, ce qui représente même davantage que le Japon, pays abritant la plus grande proportion de séniors au monde.L'indice boursier Ibovespa suit une tendance baissière depuis début 2011 : il est passé de 70.000 à 45.000 points environ. C'est compréhensible vu la situation dramatique du pays. À long terme cependant, le Brésil n'en demeure pas moins l'un des marchés de consommation les plus prometteurs au monde pour les décennies à venir, avec une classe moyenne composée aujourd'hui déjà de 105 millions de Brésiliens. En nous positionnant sur la plus grande banque du pays et du continent, Itau Unibanco Holding (lire en page 7), nous espérons profiter d'un revirement. À la condition, bien sûr, que la situation au Brésil et en Chine ne se dégrade pas.