Bien que moins connu, Orsted pèse, avec ses 47 milliards d'euros de capitalisation boursière, plus lourd encore que son compatriote Vestas (29 milliards). Orsted s'appelait jusqu'en 2017 Dong Energy; le changement de nom s'était inscrit dans la décision stratégique de céder les activités pétrole et gaz et de tout miser sur le développement d'un groupe d'envergure mondiale dans les énergies durables. Non sans succès, puisque la capacité install...

Bien que moins connu, Orsted pèse, avec ses 47 milliards d'euros de capitalisation boursière, plus lourd encore que son compatriote Vestas (29 milliards). Orsted s'appelait jusqu'en 2017 Dong Energy; le changement de nom s'était inscrit dans la décision stratégique de céder les activités pétrole et gaz et de tout miser sur le développement d'un groupe d'envergure mondiale dans les énergies durables. Non sans succès, puisque la capacité installée est aujourd'hui de 12 gigawatts (GW), dont 7,5 dans l'éolien offshore (leader du marché), 2,4 dans l'éolien terrestre et l'énergie solaire et 2,1 dans des projets de biomasse. Orsted vient de présenter son plan 2030, dans lequel il revoit ses ambitions nettement à la hausse: il veut ni plus ni moins devenir le numéro 1 mondial des énergies vertes. Il entend porter la puissance installée dans l'éolien offshore à 30 GW (+3 GW par an) - c'est ambitieux, mais pas totalement irréaliste, puisque la capacité mondiale devrait être multipliée par sept. Sur la terre ferme, le compteur devrait afficher 17,5 GW d'ici à 2030. Si l'on ajoute à cela les investissements prévus dans l'hydrogène et les carburants non polluants, la puissance totale devrait atteindre 50 GW en 2030. Orsted compte investir 350 milliards de couronnes (DKK) entre 2020 et 2027. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) devrait passer de 16,9 milliards DKK à 35-40 milliards (+12% l'an en moyenne). Le plan précédent (2017-2023) visait sur une croissance annuelle de 20%. L'action a bénéficié au second semestre de 2020 de l'envolée des investissements dans les énergies vertes, qu'explique la volonté croissante des Etats du monde d'évoluer vers un approvisionnement neutre en carbone d'ici à 2050. Elle a toutefois chuté de 33% depuis le 1er janvier et le plan présenté le 2 juin n'a pas encore réussi à inverser la tendance. Les perspectives de croissance se heurtent à une valorisation très élevée. Malgré la correction, l'action s'échange à 36 fois le bénéfice et la valeur de l'entreprise (EV) représente 16,6 fois l'Ebitda escomptés pour 2021. Peu endettée, Orsted a de quoi relever son dividende de 7-9% par an. Nous recommandons de conserver les positions (rating 2B), mais n'achèterions pas à plus de 750 DKK.