Après une période difficile, le cours de Nyrstar (3,65 EUR ; NYSE Euronext Bruxelles) enregistre effectivement un léger redressement depuis la mi-avril. Le moment-charnière nous semble avoir été l'accord conclu avec Glencore. Ce grand producteur suisse de matières premières a été contraint par l'Europe de revoir un contrat d'approvisionnement avec Nyrstar pour obtenir l'approbation de sa fusion avec Xstrata. Un autre élément ennuyeux pour les actionnaires était le fait que Glencore détenait un lot de 13,2 millions d'actions (7,8% du total) Nyrstar, pour lesquelles les Suisses devaient également trouver un ou plusieurs preneurs. L'accord trouvé prévoit que Nyrstar cesse de vendre à Glencore du "zinc primaire" produit dans les fonderies de l'Union européenne (UE, dont Balen/Overpelt). Glencore versera en échange une indemnité de rupture de 44,9 millions EUR pour la partie UE. Mais dans les faits, le groupe suisse ne versera pas un centime, car ces 44,9 millions EUR seront utili...

Après une période difficile, le cours de Nyrstar (3,65 EUR ; NYSE Euronext Bruxelles) enregistre effectivement un léger redressement depuis la mi-avril. Le moment-charnière nous semble avoir été l'accord conclu avec Glencore. Ce grand producteur suisse de matières premières a été contraint par l'Europe de revoir un contrat d'approvisionnement avec Nyrstar pour obtenir l'approbation de sa fusion avec Xstrata. Un autre élément ennuyeux pour les actionnaires était le fait que Glencore détenait un lot de 13,2 millions d'actions (7,8% du total) Nyrstar, pour lesquelles les Suisses devaient également trouver un ou plusieurs preneurs. L'accord trouvé prévoit que Nyrstar cesse de vendre à Glencore du "zinc primaire" produit dans les fonderies de l'Union européenne (UE, dont Balen/Overpelt). Glencore versera en échange une indemnité de rupture de 44,9 millions EUR pour la partie UE. Mais dans les faits, le groupe suisse ne versera pas un centime, car ces 44,9 millions EUR seront utilisés par Nyrstar pour racheter les 13,2 millions d'actions propres détenues par Glencore. Cela correspond à un prix de vente de "seulement" 3,39 EUR par action. Soit un achat à des conditions favorables combiné à la disparition d'un "excédent" d'actions sur le marché. Ces dernières années, le groupe métallurgique a attiré l'attention par les projets ambitieux de son homme fort (CEO) Roland Junck, basés sur le principe qu'il est deux fois plus rentable de produire une tonne de concentré de zinc provenant de ses propres mines que de la fondre. Et Nyrstar s'est donc lancé dans le développement d'un groupe minier multimétaux. Après l'acquisition de l'entreprise minière canadienne Breakwater Resources, Nyrstar a même fait son entrée dans le Top 5 mondial des producteurs de zinc. Aujourd'hui, Nyrstar gère 9 mines opérationnelles, qui ne produisent d'ailleurs pas uniquement du zinc, mais également d'autres métaux comme de l'or, de l'argent, du nickel, du cuivre... Un portefeuille de métaux équilibré. Mais la baisse des prix des matières premières n'a naturellement pas joué à l'avantage de Nyrstar. Le recul des cours des métaux (industriels et précieux) a en effet un impact négatif sur les perspectives de bénéfice. Le deal avantageux conclu avec Glencore est cependant une bonne chose et dissipe une incertitude supplémentaire concernant l'action. Nyrstar accuse un net retard sur la Bourse et nous relevons l'avis à "digne d'achat" (1C). Le cours de Yingli Green reste très volatil. Que dois-je faire de mes actions ? Je ne sais plus à quel saint me vouer. Effectivement, les actionnaires de Yingli Green Energy Holding (2,76 USD ; ticker YGE sur le NYSE ; code ISIN : US98584B1035) risquent de souffrir de mal de mer vu les fluctuations de l'action. Rares sont d'ailleurs les titres qui ont subi des variations de cours aussi extrême ces 12 ou 24 derniers mois. Si nous ne tenons compte que des dernières semaines, il y a d'abord eu le net rebond consécutif à des résultats trimestriels meilleurs qu'attendu. Puis, le 6 juin, l'annonce de lourdes taxes sur les panneaux solaires chinois par "notre" commissaire européen Karel De Gucht au nom de la Commission européenne, qui a eu un impact immédiat sur le cours alors que les actions des concurrents européens rebondissaient. Sous la marque Yingli Solar, Yingli Green est devenu l'un des plus grands, sinon le plus grand producteur verticalement intégré de panneaux et modules solaires au monde. Ce marché est dominé par les Chinois, qui ont déjà ramené un certain nombre de producteurs européens à une existence marginale et mis un terme à l'essor du groupe américain First Solar. L'automne dernier, les autorités chinoises ont encore annoncé leur intention de subventionner le secteur de l'énergie solaire (une centaine de producteurs locaux) à concurrence d'au moins 15,4 milliards de yuans (CNY, soit environ 2,5 milliards USD) dans le cadre du programme Golden Sun (soleil doré). D'où la réaction des Etats-Unis et désormais de l'Europe, qui se sont empressés de prendre des mesures anti-dumping. Lesquelles n'ont pas favorisé les relations commerciales avec la Chine et ont eu un effet négatif sur les prix. Les prix des modules et panneaux solaires en Europe sont à nouveau en hausse après une longue période de baisse. Le secteur a subi un coup de froid au début de l'année lorsque le géant chinois Suntech Power, le plus grand producteur de modules et panneaux solaires au monde jusqu'en 2011, a demandé la faillite d'une de ses principales unités après qu'elle a été incapable de rembourser un emprunt obligataire. Mais la surcapacité actuelle pèse énormément sur les prix. En soi, la disparition d'un (grand) concurrent est donc une bonne nouvelle pour Yingli. Nous craignons que l'action reste volatile à court terme et comporte donc un risque supérieur à la moyenne (3C). Il faudra encore faire preuve d'un peu de patience, mais nous ne la condamnerions certainement pas sur le long terme.