Il est exact que l'action du producteur britannique d'huile de palme MP Evans a fini par céder sous le poids de la forte baisse du cours de la matière première depuis début juillet 2014. Ce recul a commencé plus exactement en septembre dernier, après la publication d'un rapport semestriel où MP Evans revoyait à la baisse ses perspectives de production pour 2014 et 2015. En raison d'une sécheresse exceptionnelle au printemps, les prévisions ont été abaissées de 425.000 tonnes à 385.000 tonnes pour 2014 et de 500.000 tonnes à une fourchette de 450 à 460.000 tonnes pour 2015. La production s'était établie à 344.200 tonnes en 2013. Ces dernières années, MP Evans a investi tous les moyens dégagés par la vente de biens immobiliers en Malaisie (plus de 120 millions USD depuis 2005) dans l'extension des plantations d'huile de palme en Indonésie. Fin juin, le groupe disposait ainsi de 23.400 hectares (ha) en propre, auxquels il faut ajouter 8000 ha (part propre) provenant de participations minoritaires, notamment da...

Il est exact que l'action du producteur britannique d'huile de palme MP Evans a fini par céder sous le poids de la forte baisse du cours de la matière première depuis début juillet 2014. Ce recul a commencé plus exactement en septembre dernier, après la publication d'un rapport semestriel où MP Evans revoyait à la baisse ses perspectives de production pour 2014 et 2015. En raison d'une sécheresse exceptionnelle au printemps, les prévisions ont été abaissées de 425.000 tonnes à 385.000 tonnes pour 2014 et de 500.000 tonnes à une fourchette de 450 à 460.000 tonnes pour 2015. La production s'était établie à 344.200 tonnes en 2013. Ces dernières années, MP Evans a investi tous les moyens dégagés par la vente de biens immobiliers en Malaisie (plus de 120 millions USD depuis 2005) dans l'extension des plantations d'huile de palme en Indonésie. Fin juin, le groupe disposait ainsi de 23.400 hectares (ha) en propre, auxquels il faut ajouter 8000 ha (part propre) provenant de participations minoritaires, notamment dans Agro Muko (exploitée avec Sipef). MP Evans prévoit que la production atteindra au moins 575.000 tonnes en 2018. Le groupe espère obtenir 60 millions USD supplémentaires sur la vente de sa participation de 40% dans Bertam properties et d'un terrain de plantations de 70 ha à Bertam Estate en Malaisie. Pour ce qui concerne les activités dans la viande en Australie, un acheteur a été trouvé pour Woodlands (31.000 ha dans le Queensland). Reste à attendre que les dernières conditions de la vente soient remplies. MP Evans est également ouvert à une vente de la North Australian Pastoral Company (NAPCo; participation de 34,4%). Malgré la proximité des marchés asiatiques où la consommation de viande est en augmentation constante, NAPCo reste chroniquement (légèrement) déficitaire. Au 2e semestre, elle a cependant bénéficié d'une augmentation du prix de vente moyen de la viande en Australie, de sorte que l'impact négatif de ces activités - perte de 1,2 million USD au 1er semestre de 2014, sur un bénéfice total de 19 millions USD - sur le résultat annuel sera sans doute assez réduit. Après un nouveau recul en décembre, l'action s'échange à 0,9 fois la valeur comptable et 11,8 fois le bénéfice attendu (revu à la baisse) pour 2015. Vu les bonnes perspectives à long terme du secteur, le profil de croissance de l'entreprise et la qualité de la direction, nous relevons le conseil à "digne d'achat" (1B). Quelle est la raison de la forte hausse récente de l'action Sandstorm Gold ? Demeure-t-elle digne d'achat ? L'action de l'entreprise canadienne de royalties spécialisée dans l'or Sandstorm Gold a en effet brutalement rebondi ces dernières semaines : +70% depuis le plancher de début novembre. Il faut préciser que le cours avait beaucoup chuté les mois précédents. D'une part à la suite de la baisse du cours de l'or, de 1340 USD l'once début juillet à 1140 USD l'once début novembre. Mais aussi parce que le marché s'inquiétait de la détérioration de la situation financière de Luna Gold, qui exploite la mine d'Aurizona au Brésil. Une mine importante pour Sandstorm Gold, puisqu'elle a pris plus de 25% de la production totale à son compte au cours des neuf premiers mois de 2014. Luna Gold reste provisoirement en service, mais il est clair qu'elle a besoin de capitaux supplémentaires et la direction examine à présent toutes les options stratégiques, y compris une vente. Après avoir souscrit à une augmentation de capital l'été dernier, Sandstorm Gold détient 19,8% des actions Luna Gold. Il n'est cependant pas question d'injecter à nouveau des fonds dans l'entreprise, même si le contrat de streaming existant sera sans doute revu dans le cadre du plan de refinancement global. Même dans un scénario qui ne prévoit pas d'autre contribution de Luna Gold, les Canadiens envisagent - sur la base d'un cours de l'or de 1200 USD l'once - une hausse des cash-flows opérationnels (EBITDA) à 42 millions USD pour 2017, contre 34 millions USD au cours des 12 mois écoulés. L'action se redresse depuis début novembre dans le sillage de cours de l'or (1240 USD l'once actuellement), mais le rebond s'est surtout accéléré après l'annonce d'un programme de rachat d'actions propres pour un maximum de 5% du capital en circulation en décembre dernier. Bien que l'on n'ait encore fait mention d'aucun achat effectif, cette communication a clairement apaisé les esprits. Sandstorm Gold a toujours souffert d'une valorisation inférieure à celle des plus grandes entreprises de royalties comme Franco Nevada (FNV), justifiée par le fait que les contreparties (les entreprises minières) des contrats de streaming sont généralement plus petites, et donc plus vulnérables sur le plan financier. Mais même après la récente hausse du cours, la sous-valorisation reste (trop) importante : Sandstorm Gold affiche ainsi un rapport valeur d'entreprise/EBITDA attendu en 2014 de 10, contre 36 pour FNV. Le risque de contrepartie plus élevée de Sandstorm Gold, entièrement exempte de dettes, semble dès lors largement intégré dans le cours actuel. Nous confirmons le conseil "digne d'achat" (1C).