Pour des matières premières agricoles telles que le café et le sucre, la vigueur de la monnaie locale (en l'occurrence, le réal brésilien, au plus bas depuis fin mai) face au dollar joue un rôle crucial dans l'évolution des prix : moins cette dernière est chère, plus il est intéressant d'exporter, ce qui pèse sur les cours.
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Pour des matières premières agricoles telles que le café et le sucre, la vigueur de la monnaie locale (en l'occurrence, le réal brésilien, au plus bas depuis fin mai) face au dollar joue un rôle crucial dans l'évolution des prix : moins cette dernière est chère, plus il est intéressant d'exporter, ce qui pèse sur les cours.Le prix du café est très volatil cette année; après un sommet intermédiaire début septembre, il a récemment baissé. Alors que l'Organisation internationale du café prévoyait initialement un déficit d'offre pour la récolte 2019-2020, elle table désormais sur un excédent, car la crise du coronavirus a entraîné une chute des ventes de café dans l'hôtellerie-restauration que la hausse de la consommation à domicile n'a que partiellement compensée. Les rendements de l'arabica au Brésil sont en outre supérieurs aux attentes, même si la sécheresse qui a marqué la période de floraison n'est pas de bon augure pour la récolte 2020-2021. Au Vietnam aussi, la récolte devrait diminuer. Historiquement, le café est bon marché; une nouvelle baisse du dollar pourrait conduire à son redressement. Un cours voisin de 1 dollar la livre (voire inférieur) est un bon niveau d'entrée. Nous suggérons aux investisseurs le tracker WisdomTree Coffee (ticker OD7N sur le Xetra) ou des produits à effet de levier (turbos) investissant directement dans des contrats à terme.Dans une moindre mesure, le sucre aussi est volatil cette année: après avoir atteint son plus bas niveau depuis 2007 fin avril, il a regagné près de 40% en août, rechuté en septembre, puis s'est relevé malgré la baisse des prix du pétrole (en conséquence, on transforme moins de sucre en éthanol, on en raffine davantage). La perspective d'une hausse de la production et des exportations en Inde (nouveau record en vue) n'est pas non plus positive. Toutefois, la faiblesse des précipitations pèse sur les anticipations de récolte au Brésil et en Thaïlande. L'Organisation internationale du sucre pronostique un déficit d'approvisionnement de 72.000 tonnes pour 2020-2021, bien plus important que celui de l'année dernière (14.000 tonnes). Pour miser sur une hausse du cours du sucre, les investisseurs peuvent opter pour l'ETF WisdomTree Sugar (ticker OD7R sur le Xetra) ou des produits à effet de levier.