Le cours du café est traditionnellement très volatil et il n'en a pas été autrement ces dernières années. Fin 2013, le café atteignait un plancher sur plusieurs années. Mais il doublait ensuite entre janvier et octobre de l'an dernier, principalement en raison de conditions météorologiques défavorables au Brésil, le premier fournisseur mondial de café arabica. La tendance s'infléchissait à nouveau à partir du 4e trimestre de l'an dernier, la baisse étant cette fois le fruit de la combinaison d'une offre supérieure aux prévisions et de fluctuations des cours des devises. Le plancher (provisoire) a été atteint le mois dernier, le cours du café retombant à son plus bas niveau en près d'un an et demi (janvier 2014). En cause, cette fois : la dépréciation constante du real brésilien, qui a atteint son plus bas niveau depuis plus de 12 ans par rapport à l'USD. Le real est la monnaie dans laquelle les cultivateurs brésiliens paient leurs charges, alors que leurs revenus sont libellés en USD puisque c'est la devise dans laquelle le café se négocie sur les marchés internationaux. De ce fait, une baisse du BRL les incite à produire et à exporter davantage. Les exportations brési...

Le cours du café est traditionnellement très volatil et il n'en a pas été autrement ces dernières années. Fin 2013, le café atteignait un plancher sur plusieurs années. Mais il doublait ensuite entre janvier et octobre de l'an dernier, principalement en raison de conditions météorologiques défavorables au Brésil, le premier fournisseur mondial de café arabica. La tendance s'infléchissait à nouveau à partir du 4e trimestre de l'an dernier, la baisse étant cette fois le fruit de la combinaison d'une offre supérieure aux prévisions et de fluctuations des cours des devises. Le plancher (provisoire) a été atteint le mois dernier, le cours du café retombant à son plus bas niveau en près d'un an et demi (janvier 2014). En cause, cette fois : la dépréciation constante du real brésilien, qui a atteint son plus bas niveau depuis plus de 12 ans par rapport à l'USD. Le real est la monnaie dans laquelle les cultivateurs brésiliens paient leurs charges, alors que leurs revenus sont libellés en USD puisque c'est la devise dans laquelle le café se négocie sur les marchés internationaux. De ce fait, une baisse du BRL les incite à produire et à exporter davantage. Les exportations brésiliennes de café sont estimées à 27,4 millions de sacs (de 60 kilos) pour l'année de commercialisation 2014-2015 (octobre à septembre). C'est la troisième hausse consécutive, en dépit d'une diminution de la production au cours de l'année de récolte écoulée. Cette contradiction apparente s'explique par la vente d'une partie des réserves excédentaires des années précédentes. Nous observons un scénario similaire, bien que moins marqué, en Colombie, qui produit comme le Brésil des variétés d'arabica de grande valeur. Outre les questions monétaires, l'augmentation des exportations en Colombie est également liée à une reprise de la production. Cependant, les exportations mondiales de café ont baissé de 4,3% sur base annuelle à 82,1 millions de sacs durant les 3 premiers trimestres de 2014-2015. Une évolution qui s'explique principalement par la contraction des exportations du Vietnam et de l'Indonésie, respectivement de 16,8% et 25,6%. Les exportations vietnamiennes se trouvent ainsi à leur plus bas niveau depuis 2010. La conséquence de la baisse des prix, de la diminution de la production, mais aussi de l'augmentation de la consommation locale. Du côté des pays importateurs, les stocks n'ont jamais été aussi élevés en raison de la baisse constante des cours. De ce fait, le marché du café reste exposé aux chocs du côté de l'offre qui ont entraîné une forte hausse des cours en 2011 et 2014.RemontéeCes dernières semaines, le cours du café est remonté au niveau de mai après que des investisseurs spéculatifs ont clôturé des positions vendeuses et que des doutes pointent sur le marché concernant l'ampleur et la qualité de la future récolte au Brésil. En raison de la sécheresse, on table désormais sur une baisse de la production entre 45 et 47 millions de sacs pour l'année de récolte 2015-2016. Il y a quelques mois, les prévisions moyennes des analystes dépassaient encore les 50 millions de sacs. L'Organisation internationale du café a vu la consommation mondiale de café croître de 2,3% sur base annuelle depuis 2010. La hausse est nettement plus marquée dans les pays en développement (+4,6%) que dans les pays industrialisés (+1,5%). Un joker pour le café est le phénomène météorologique El Niño qui pourrait encore affecter davantage les récoltes en Amérique centrale, en Amérique du Sud et en Asie.Il est notamment possible de miser sur une hausse du cours du café à l'aide de ces deux trackers :iPath Bloomberg Coffee ETNTicker : JOBourse: NYSE ArcaCode ISIN: US06739H2976Emission : juin 2008Performance depuis le 01/01/2015: -25,2%Rendement sur 12 mois: -37,3%Rendement sur 3 ans: -39,7%Volume journalier moyen: 172 000Actifs en gestion: 121,2 millions USDFrais annuels de gestion: 0,75%Ce tracker qui appartient à la famille de produits iPath de l'émetteur Barclays est coté sur le NYSE (ticker : JO) depuis désormais plus de sept ans. Il a pour valeur sous-jacente l'iPath Bloomberg Total Return Index qui reflète l'évolution du prix du contrat à terme de référence sur le café. Actuellement, il s'agit par exemple du contrat à terme septembre. A l'expiration de ce contrat, les positions seront reportées sur le contrat décembre, mars 2016, juillet 2016, etc. Le marché du café est actuellement en contango, ce qui signifie que les contrats à terme assortis d'une échéance ultérieure sont plus chers. Le roulement de positions engendre donc un rendement négatif. Les frais annuels ont été fixés à 0,75%. Pure Beta Coffee ETNTicker: CAFEBourse: NYSE ArcaCode ISIN: US06740P1488Emission: avril 2011Performance depuis le 01/01/2015 : - 24%Rendement sur 12 mois : -35,2%Rendement sur 3 ans: -36,2%Volume journalier moyen: 5000Actifs en gestion: 5,7 millions USDFrais annuels de gestion: 0,75%Ce tracker du même émetteur n'a été mis sur le marché que quelques années plus tard, d'où son retard à la fois en termes de l'actif en gestion et de liquidités. L'iPath Pure Beta Coffee ETN (ticker : CAFE) est cependant un produit plus sophistiqué puisqu'il ne reflète pas le prix d'un seul contrat à terme, mais de plusieurs contrats assortis d'échéances différentes. Ce, via l'indice sous-jacent Barclays Capital Coffee Pure Beta Index. Cela compense en partie l'effet négatif du roulement des positions sur le rendement évoqué pour son concurrent. Une comparaison des rendements à court et à long terme illustre cependant que la différence entre les deux variantes est relativement réduite. CAFE affiche certes des performances un peu moins mauvaises que JO mais les investisseurs doivent tenir compte du fait que le marché n'est pas constamment en contango. Selon les conditions de marché, la courbe des cours des contrats à terme peut être également plane, ou en backwardation. Les frais annuels sont identiques à ceux du JO.