Outre la forte baisse des cours du pétrole, la hausse constante des marchés d'actions et les intérêts négatifs sur les obligations publiques de certains pays industrialisés, une quatrième tendance s'est encore dessinée sur les marchés financiers ces derniers mois. Nous visons bien entendu l'envolée du dollar (USD) par rapport à toutes les autres devises ou presque. L'indice dollar, qui oppose la valeur de la monnaie américaine à celle des six principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, a même atteint au premier trimestre de cette année son plus haut niveau depuis 2003.
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Outre la forte baisse des cours du pétrole, la hausse constante des marchés d'actions et les intérêts négatifs sur les obligations publiques de certains pays industrialisés, une quatrième tendance s'est encore dessinée sur les marchés financiers ces derniers mois. Nous visons bien entendu l'envolée du dollar (USD) par rapport à toutes les autres devises ou presque. L'indice dollar, qui oppose la valeur de la monnaie américaine à celle des six principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, a même atteint au premier trimestre de cette année son plus haut niveau depuis 2003. L'euro (EUR) a lui aussi perdu beaucoup de sa valeur par rapport à l'USD. Le taux de change EUR/USD s'élevait encore à 1,4 il y a un an, mais il n'a cessé de glisser vers la parité ces derniers mois. L'EUR/USD est resté très volatil ces dernières années. Sous l'effet de la crise immobilière américaine, il dépassait 1,6 en 2008. Une évolution qui pouvait s'expliquer par le statut de monnaie de réserve internationale, qui fait du marché des obligations en dollars le marché le plus liquide au monde. Dans un certain sens, opter pour l'USD, malgré la faiblesse des fondamentaux macroéconomiques à l'époque de la crise, revenait pour de nombreux investisseurs (institutionnels) à opter pour la sécurité. Au plus fort de la crise de l'euro en 2011, l'EUR/USD était retombé à 1,45. A en croire d'aucuns, la zone euro était pourtant prête à éclater à ce moment, de sorte qu'il ne pouvait être question de " choix de la sécurité ". Mais les taux élevés, combinés aux garanties publiques et à la réputation de la Banque centrale européenne (BCE), ont favorisé un afflux de capitaux vers la monnaie unique européenne. Ecart de tauxLe différentiel de taux entre la zone euro et les Etats-Unis est l'explication la plus souvent invoquée pour expliquer le mouvement de ces derniers mois. Cette année, vingt-quatre banques centrales dans le monde ont déjà abaissé leurs taux, alors que les Etats-Unis se préparent à nouveau à un raidissement monétaire. La Fed a mis un terme à sa politique d'assouplissement quantitatif, mais la politique de stimuli monétaires a immédiatement été reprise d'abord par la Banque du Japon, puis par la BCE. En Europe, les taux à long terme sont à un plancher historique. Outre-Atlantique, la Fed procédera probablement à un premier relèvement des taux cet été. Dans un univers financier où chacun est désespérément à la recherche de rendements, l'important reflux de capitaux vers l'USD semble par conséquent logique. Certes, il est un peu trop simple de n'attribuer l'évolution de 1,4 vers le niveau actuel qu'à l'écart des taux. Mais l'impact des mouvements spéculatifs est difficilement mesurable. Retour de balancierPour les Américains, un USD cher est favorable à court terme parce qu'il diminue le prix de revient des biens importés. En revanche, la hausse du billet vert est clairement préjudiciable pour l'industrie exportatrice américaine. De nombreuses multinationales américaines l'ont d'ailleurs invoquée dans leurs récents rapports trimestriels pour justifier un bénéfice ou un chiffre d'affaires en deçà des prévisions. Le seuil de la douleur étant peu à peu atteint, un retour de balancier peut être attendu à court ou moyen terme.Une position acheteuse sur le rapport EUR/USD peut être un investissement en soi, mais aussi une manière de couvrir le risque de change d'autres investissements. Par exemple ceux dont la valeur sous-jacente (action, indice, matière première) est libellée en USD.Les produits à levier permettant de miser sur une hausse de l'EUR/USD sont très nombreux. Outre les produits classiques assortis d'une barrière désactivante (Turbo et Sprinter), il existe des variantes sans barrière désactivante (Traders et BEST Sprinters). Il va de soi que le risque est nettement plus élevé dans cette dernière catégorie. Le spread (différence entre le cours acheteur et le cours vendeur) des turbos s'élève à 2 centimes d'euros; dans le cadre des Sprinters, c'est 3 centimes, et il atteint 4 centimes pour les BEST Sprinters. Voici trois scénarios assortis d'un risque réduit, moyen et élevé.EUR/USD Turbo Long (risque réduit)Code ISIN: NL0011047030Devise: EURNiveau de financement: 0,83Cours de référence: 1,0743Barrière désactivante: 0,838Levier: 4,34Cours: 20,99/23,01Ce turbo d'ABN Amro Markets affiche une barrière désactivante proche du plancher historique du rapport EUR/USD en 2001. Le cours actuel est 22% plus élevé. Malgré cet écart significatif, le levier reste assez puissant. Les investisseurs doivent cependant être conscients que les variations en pour cent des cours de change sont nettement moins violentes que celles qui ont cours du côté des (indices d') actions et des matières premières. Ce turbo est le choix le plus sûr de la gamme.EUR/USD Turbo Long (risque moyen)Code ISIN: NL0010930947Devise: EURNiveau de financement: 0,963Cours de référence: 1,0743Barrière désactivante: 0,9817Levier: 9,7Cours: 10,24/10,26Ce turbo émis par BNP Paribas Markets est un échelon plus haut dans l'échelle des risques. La barrière désactivante se trouve sous le niveau de parité qui a été atteint pour la dernière fois en décembre 2002. Le cours de change EUR/USD la dépasse de 9,5%, et le levier est près de deux fois plus élevé que dans le scénario précédent.EUR/USD turbo long (risque élevé)Code ISIN: NL0011046842Devise: EURNiveau de financement: 1,03Cours de référence: 1,0743Barrière désactivante: 1,044Levier: 24,21Cours: 10,24/10,26C'est ABN Amro Markets qui propose ce turbo dont l'écart entre le cours de référence et la barrière désactivante est inférieur à 3%. Cette barrière désactivante se niche juste en dessous du plancher (provisoire ?) du mois dernier. Ce n'est d'ailleurs pas le plus risqué de la gamme, puisqu'on trouve encore sept turbos assortis d'une barrière désactivante plus élevée sur Euronext. Néanmoins, les investisseurs qui optent pour ce produit doivent être conscients de la possibilité de perdre une grosse partie de leur mise.