Le 12 février, les Chinois ont quitté l'année du Rat pour entrer dans celle Buffle. En deuxième position dans le zodiaque chinois, ce bovin symbolise notamment la détermination, la fiabilité, la force mais tranquille; il prend son temps. La patience est assurément le maître-mot de l'année 2021.
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Le 12 février, les Chinois ont quitté l'année du Rat pour entrer dans celle Buffle. En deuxième position dans le zodiaque chinois, ce bovin symbolise notamment la détermination, la fiabilité, la force mais tranquille; il prend son temps. La patience est assurément le maître-mot de l'année 2021. Si l'empire du Milieu a été sous le feu des projecteurs en 2020, c'est hélas surtout parce que c'est sur ce territoire que s'est déclarée l'épidémie, devenue pandémie, de coronavirus. Laquelle a démontré la dangereuse dépendance des économies occidentales à la Chine. Pour la première fois, elles ont envisagé de la réduire. Un peu plus d'un an après l'éclatement de l'épidémie à Wuhan, qu'en est-il? Le monde occidental entend constituer une réserve stratégique de matériel médical, et s'assurer de pouvoir le produire lui-même. La Chine, qui a adopté des mesures draconiennes, dont un confinement généralisé, est pour sa part sortie de crise rapidement et est la seule grande nation industrialisée à avoir connu une croissance de son économie en 2020. Certes, ce fut le taux le plus faible (2,3%) depuis quatre décennies, mais au 4e trimestre, il s'est établi à 6,5%, son niveau d'avant-crise. Les économistes les plus optimistes annoncent un taux de 9% en 2021. Avant même que Joe Biden n'accède à la Maison-Blanche, la Chine renforçait encore sa position de puissance économique mondiale, concluant un accord global sur les investissements avec l'Union européenne et un Partenariat régional économique global (RCEP, en anglais). La stratégie de l'actuel Président des Etats-Unis face à elle ne changera pas vraiment de celle de son prédécesseur. Le ton va certes s'adoucir autour du Bureau ovale, mais les revendications de Washington seront les mêmes: Pékin doit jouer le jeu du commerce international de manière plus équitable et modérer ses ambitions politiques et militaires. Elle se montre en effet de plus en plus assertive sur la scène internationale, en témoignent par exemple ses multiples intimidations militaires à l'égard de Taïwan ces derniers mois.La rapide sortie de crise de la Chine a soutenu ses places boursières. Ce sont d'ailleurs les seules à avoir été dans le sillage du Nasdaq, en 2020 (+34% pour le marché chinois, +38% pour l'indice américain, en glissement annuel); et à en moyenne 15,5 fois le bénéfice attendu en 2021, la valorisation est loin d'être tendue. L'investisseur prêt à miser sur le potentiel du marché boursier chinois en cette année du Buffle peut se tourner vers des fonds et trackers ou opter pour des entreprises phares, comme Tencent Holdings (idéalement via Prosus) ou Alibaba - mais la suspension de l'entrée en Bourse de sa filiale fintech Ant Group par le régulateur chinois a démontré, entre autres, que la gouvernance de l'entreprise laissait à désirer. Nous ne prendrions donc qu'une position raisonnable en actions chinoises.