Danny Reweghs

Mines aurifères: une percée attendue

Danny Reweghs Journaliste

Si l’or profite de la panique suscitée par le coronavirus, il n’en est pour l’instant pas de même pour les mines d’or et d’argent. Un tel retard n’est toutefois pas exceptionnel dans une perspective historique.

L’apparition du Covid-19 en Chine et sa récente propagation planétaire n’ont pas desservi le cours de l’or, car les turbulences et incertitudes sont toujours favorables au métal jaune. Dans la mesure où le mouvement n’a pas été uniforme, l’on ne peut pas encore parler de ruée vers l’or, même si certains rapports font état d’un afflux sans précédent vers les trackers sur l’or: les flux entrants ont dépassé les sorties sur 25 séances consécutives. Au total, l’équivalent de plus de 2.600 tonnes d’or a été investi dans les ETF aurifères – un record historique. Toutefois, les cours de l’argent et de l’or ont aussi plongé à la fin de cette semaine agitée sur les places boursières.

Pareil phénomène s’est déjà produit par le passé. Lorsque les marchés financiers sont en effervescence, les métaux précieux souffrent initialement, car les investisseurs, contraints de vendre des actifs pour couvrir les appels de marge, prennent leurs bénéfices sur les métaux précieux. Dans un deuxième temps seulement, l’or et l’argent jouent pleinement leur rôle de refuge.

L’été dernier, l’or a finalement franchi la résistance de 1.380 dollars l’once troy, amorçant, selon nous, une tendance haussière où cette résistance coriace doit à présent former un support solide.

Pour autant, le métal jaune est toujours un actif précurseur. Dans une perspective historique, l’argent a rarement été aussi bon marché qu’aujourd’hui, comme en témoigne le rapport or/argent, soit la quantité d’onces d’argent nécessaire pour acheter une once d’or: celui-ci a récemment atteint 95, son plus haut niveau depuis 25 ans. En 1979, il s’élevait encore à 16, et à l’apogée du métal en 2011, il ressortait à peine à 32. Sur les premiers mois de 2016 (après le plancher de l’or et de l’argent), le ratio a continué d’augmenter et l’argent n’a repris le dessus qu’au bout de trois mois.

Les mines (très) en retrait

Le retard considérable des mines d’or et d’argent par rapport à l’envolée de ces métaux est flagrant ces dernières semaines – comme à l’automne 2008 et au début de 2016. Alors que les deux métaux précieux phares s’étaient arrachés à leurs planchers, les mines d’or et d’argent ont poursuivi leur plongeon car les marchés boursiers étaient sous pression et les investisseurs s’inquiétaient des faibles résultats et des sombres perspectives de l’extraction des métaux. Nous avons constaté la même réaction face aux résultats trimestriels et annuels souvent décevants des mines d’or et d’argent.

Une embellie reste toutefois à l’ordre du jour. Le plus célèbre tracker sur les mines d’or (Van Eck Vectors Gold Miner, ticker GDX) a touché la résistance cruciale (30-31 dollars) il y a quelques semaines. Une percée au-delà serait une étape importante. Après cela, on peut s’attendre à un rebond rapide et donc à un net rattrapage par rapport aux métaux, comme en 2008 et 2016. Pour l’heure, la percée a échoué, mais nous pensons que ce n’est que partie remise.

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