Marine Harvest est le plus grand producteur de saumons au monde, avec une part de marché de plus de 20%. Cette société ambitieuse entend renforcer son leadership à la fois de manière organique et par le biais d'acquisitions. Elle recherche la croissance interne dans la mise sur pied de nouvelles usines d'élevage de saumon en Ecosse et au Canada. Cela dit, les Norvégiens pratiquent aussi l'intégration verticale. L'an dernier, la société a absorbé Morpol, une société de traitement du saumon. Elle a aussi investi 800 millions NOK dans la construction de sa propre usine d'aliments pour poissons d'une capacité annuelle de 220.000 tonnes, ce qui est suffisant pour couvrir 40% des besoins du groupe. Après l'échec de l'acquisition du groupe norvégien Cermaq, Marine Harvest a racheté, à l'automne 2013, 26% des actions de la société norvégienne Grieg Seafood. Au niveau mondial, en 2013, la Norvège (1,03 million de tonnes; 56%) et le Chili (421.000 tonnes; 23%) demeurent les deux principaux producteurs. Après plusieurs années difficiles, le secteur du sau...

Marine Harvest est le plus grand producteur de saumons au monde, avec une part de marché de plus de 20%. Cette société ambitieuse entend renforcer son leadership à la fois de manière organique et par le biais d'acquisitions. Elle recherche la croissance interne dans la mise sur pied de nouvelles usines d'élevage de saumon en Ecosse et au Canada. Cela dit, les Norvégiens pratiquent aussi l'intégration verticale. L'an dernier, la société a absorbé Morpol, une société de traitement du saumon. Elle a aussi investi 800 millions NOK dans la construction de sa propre usine d'aliments pour poissons d'une capacité annuelle de 220.000 tonnes, ce qui est suffisant pour couvrir 40% des besoins du groupe. Après l'échec de l'acquisition du groupe norvégien Cermaq, Marine Harvest a racheté, à l'automne 2013, 26% des actions de la société norvégienne Grieg Seafood. Au niveau mondial, en 2013, la Norvège (1,03 million de tonnes; 56%) et le Chili (421.000 tonnes; 23%) demeurent les deux principaux producteurs. Après plusieurs années difficiles, le secteur du saumon est à nouveau bien orienté et 2013 fut un excellent cru pour Marine Harvest. Malgré un repli de la production de 12% (344.000 tonnes), son résultat opérationnel récurrent (REBIT) a augmenté de manière spectaculaire, de 0,64 milliard NOK à 3,21 milliards NOK. Au 4e trimestre, très important pour le groupe, le prix du saumon était en moyenne de 55% plus élevé qu'en 2012. Le bénéfice net récurrent a augmenté de 0,63 NOK à 5,37 NOK par action. Ces chiffres sont postérieurs au reverse split (10 anciennes contre 1 nouvelle action) organisé début 2014 à l'occasion de sa cotation en Bourse du NYSE. Au 1er trimestre, le REBIT s'est hissé de 0,48 milliard NOK (en 2013) à 1,09 milliard NOK, soutenu par une hausse du prix moyen du saumon de 31,5%, à 46,56 NOK le kilo, un record. Le bénéfice net récurrent est passé de 0,7 NOK à 1,8 NOK par action. La société a décidé d'accroître son dividende (restauré l'an dernier) à 5 NOK par action. En début d'année, le prix du saumon atteignait un niveau record de 50 NOK le kilo, mais entretemps, le prix est revenu à 32 NOK le kilo. L'offre mondiale a augmenté au 1er trimestre de 4%, contre une hausse de la demande de 2,9%. Sur base annuelle, l'offre devrait augmenter de 4 à 10% en 2014 (+21%, à 415.000 tonnes chez Marine Harvest). L'action capitalise 10,3 fois son bénéfice (record) attendu pour 2014, ce qui n'est pas excessivement cher. Nous pensons cependant que la phase haussière du cycle de prix est révolue, c'est pourquoi nous abaissons notre conseil à "vendre" (rating 3B). Le groupe américain Archer Daniels Midland vient d'annoncer une importante acquisition. Est-ce que cela influence votre avis ?Archer Daniels Midland (ADM) appartient au quartet nommé ABCD à la tête de la chaîne de production et de transformation du secteur agricole. ADM vient d'annoncer une offre d'acquisition sur le groupe allemand Wild Flavors. Il déboursera 2,3 milliards EUR en liquide pour ce producteur de la marque de jus de fruits réputée Capri Sonne, mais surtout le sixième producteur d'aromatisants et colorants, un important marché de croissance. Cette acquisition s'inscrit dans la nouvelle stratégie visant à diversifier géographiquement l'activité de l'Amérique du Nord et à se recentrer sur les produits à plus haute valeur ajoutée. L'an dernier une importante étape entreprise dans cette voie - une offre de reprise de 3,4 milliards de dollars australiens sur GrainCorp, le plus grand exportateur de grains d'Australie - a été bloquée par les autorités australiennes pour des raisons stratégiques. Deux autres objectifs du plan stratégique sont en revanche en bonne voie d'être réalisés : le programme de réductions de coûts de 200 millions USD sur base annuelle d'ici à fin 2014 (doublé à 400 millions USD) et la réduction des fonds de roulement de 2 milliards USD (majoré de 500 millions USD). ADM a décidé dans la foulée de relever le dividende de 26%, à 0,96 USD par action sur base annuelle, et de lancer un programme de rachat d'actions pour un maximum de 18 millions de titres (2,7% du total). En 2013, après un solide 4etrimestre, ADM a encore dégagé un bénéfice net récurrent (hors éléments exceptionnels) plus élevé : 2,33 USD par action contre 2,3 USD par action en 2012. Les résultats du 1er trimestre étaient supérieurs à ceux de 2013, mais moins élevés que prévu. Le bénéfice opérationnel (EBIT) dans la division Transformation des graines oléagineuses s'est accru de 6,7%, à 334 millions USD, grâce à de solides résultats enregistrés dans la division Cacao et les activités crushing de soja. Le pôle Transformation de maïs a fourni un EBIT supérieur de 28% (196 millions USD) grâce à des marges supérieures sur les produits bio et additifs. L'EBIT de la division logistique Services agricoles a progressé légèrement, à 153 millions USD. Quant au bénéfice net, il a reflué de 0,41 USD à 0,40 USD par action mais en termes récurrents, on note une hausse de 0,46 USD à 0,55 USD. ADM est clairement sur la bonne voie pour accroître sa rentabilité mais l'action capitalise 15 fois son bénéfice record attendu (+33% par rapport à l'an dernier) pour 2014. C'est plus de 10% plus élevé que la moyenne historique. Ce qui nous incite à confirmer notre conseil de vente (rating 3B).