Luc Tack avait déjà tenté de fusionner les activités de Picanol et celles du groupe Tessenderlo début 2016. L'idée était de vendre les activités de Picanol dans les métiers à tisser à Tessenderlo pour 816,6 millions d'euros (soit à 45,85 euros par action Picanol), en échange de l'émission de 25,8 millions d'actions nouvelles Tessenderlo à 31,5 euros l'unité. Des actionnaires de Tessenderlo s'y sont cependant opposés farouchement. A leur e...

Luc Tack avait déjà tenté de fusionner les activités de Picanol et celles du groupe Tessenderlo début 2016. L'idée était de vendre les activités de Picanol dans les métiers à tisser à Tessenderlo pour 816,6 millions d'euros (soit à 45,85 euros par action Picanol), en échange de l'émission de 25,8 millions d'actions nouvelles Tessenderlo à 31,5 euros l'unité. Des actionnaires de Tessenderlo s'y sont cependant opposés farouchement. A leur estime, la proposition intégrait une valorisation trop élevée des activités de Picanol (prime de 50% sur le cours précédant l'annonce) et trop faible de celles de Tessenderlo (1,36 milliard d'euros; prime de 17,5%). Dans ce scénario, Picanol serait devenu un monoholding, Picanobel, dont le seul actif, outre 50 millions d'euros de liquidités, aurait été une participation de 56,96% dans le nouveau groupe industriel Picanol Tessenderlo. Ce dernier aurait été moins cyclique et mieux diversifié géographiquement. Mais surtout, les cash-flows très sains des activités de Picanol dans les métiers à tisser auraient pu être utilisés pour soutenir les activités de Tessenderlo. Depuis, les cash-flows excédentaires de Picanol servent à racheter peu à peu des actions Tessenderlo. Ces rachats ont nettement faibli en 2017 et au cours des premiers mois de 2018 - sans doute parce que Luc Tack n'exclut pas d'ajouter un troisième pôle à Picanol. Faute de partenaire disponible à des conditions attrayantes, les rachats ont à nouveau été intensifiés à partir de l'été 2018. Après le rachat de plus d'un million d'actions Tessenderlo (2,5% du flottant) en 2018, la participation de Luc Tack dans l'entreprise chimique a atteint environ 43% (38,9% par le biais de Picanol, 4,2% directement). Si officiellement, une fusion n'est plus à l'ordre du jour, il est évident que Luc Tack a toujours foi dans Tessenderlo. En ce sens, rien n'est à exclure, mais le scénario le plus probable reste selon nous le développement d'un troisième pôle chez Picanol. Pour l'instant, nous préférons une position dans Tessenderlo. Les gains d'efficacité se répercuteront tôt ou tard sur les résultats et la centrale au gaz T-Power, acquise en 2018, devrait doper les marges du groupe à partir de 2019.