Les investisseurs en sont friands et on déjà pu en comparer de nombreuses: à chaque nouvelle année, son lot de listes des actions les plus (et les moins) performantes de l'année écoulée, ou des valeurs favorites pour l'année à venir - et nous vous avons déjà présenté les nôtres. Nous avons opté pour un horizon plus large, et avons dressé une liste des meilleures actions belges sur le long terme.
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Les investisseurs en sont friands et on déjà pu en comparer de nombreuses: à chaque nouvelle année, son lot de listes des actions les plus (et les moins) performantes de l'année écoulée, ou des valeurs favorites pour l'année à venir - et nous vous avons déjà présenté les nôtres. Nous avons opté pour un horizon plus large, et avons dressé une liste des meilleures actions belges sur le long terme.Pour connaître les actions belges qui ont rapporté le plus ces 20 dernières années, nous ne nous sommes pas contentés de reprendre celles qui ont offert les rendements les plus confortables de ces deux dernières décennies. Nous avons établi des classements sur 5, 10, 15 et 20 ans, puis identifié les entreprises belges qui ont systématiquement gâté leurs actionnaires (sur la base des hausses de cours et des distributions de dividendes). Nous leur avons attribué des points (de pénalité): l'action qui affiche le rendement le plus élevé sur 5ans reçoit un point, la deuxième, deux, et ainsi de suite. Nous avons donc procédé au même calcul sur 10, 15 et 20 ans. Vous l'aurez compris, la meilleure action a obtenu le moins de points. Et en cas d'ex-æquo, le rendement le plus élevé à 20 ans est prépondérant. L'exercice a débouché sur un coude-à-coude entre les deux seules entreprises à apparaître parmi les dix valeurs les plus performantes à 5, 10, 15 et 20 ans - plus fort encore: elles figurent systématiquement au Top 5. Mais c'est Lotus Bakeries qui l'emporte, avec un point de pénalité de moins et un rendement nettement plus élevé que Picanol, l'autre valeur vedette, sur 20 ans. "L'action belge de ces deux dernières décennies" est donc celle du biscuitier de Lembeke, en Flandre orientale.Le nom Lotus évoque immédiatement le spéculoos. L'entreprise fondée en 1932 par les frères Jan, Emiel et Henri Boone est à l'origine un producteur de pain d'épice et de spéculoos. En 1937, Marcel Stevens crée l'entreprise Corona, spécialisée dans les gâteaux. Les deux fusionneront en 1974 pour former Corona-Lotus. C'est sous ce nom que Lotus fait son entrée sur la Bourse de Bruxelles en 1988. Lotus Bakeries est toujours restée une entreprise familiale, et a toujours été dirigée par un Boone (Jan depuis 2012). Elle a enregistré une croissance constante, et n'a rarement, voire jamais déçu. Sans quoi l'action n'aurait pas surperformé l'indice BEL20 chaque année depuis 15ans. L'action est surtout devenue un énorme succès en Bourse depuis le début du siècle, quand l'entreprise a commencé à sortir de son pré carré: l'internationalisation progressive des activités a fait du spéculoos plus qu'un produit local (lire l'analyse en rubrique Actions belges). Le fabricant de métiers à tisser Picanol présente un profil très différent de celui de Lotus Bakeries. L'entreprise est en effet décrite comme très cyclique, c'est-à-dire largement tributaire de la conjoncture économique. Les actions de ce type connaissent généralement des hauts très hauts et des bas très bas, et sont par conséquent assez rares dans ce genre de classement. Il est dès lors très étonnant que Picanol figure dans le Top 10 dans tous nos classements, a fortiori qu'elle parade chaque fois dans le Top 5. Il faut dire que sa maîtrise technologique permet à Picanol d'être le numéro un mondial des métiers à tisser. Son caractère cyclique s'est à nouveau exprimé en 2008 et 2009, lorsque la crise financière a mené l'entreprise ouest-flandrienne (basée à Ypres) au bord de la faillite. L'ancien "manager de l'année" Luc Tack s'est alors érigé en sauveteur en rachetant le fabricant de métiers à tisser à la famille Steverlynck, aux commandes depuis plusieurs décennies. L'opération de sauvetage fut couronnée de succès, et le cours de l'action s'est envolé de 1,4euro en été 2009 à près de 80euros fin 2016 (lire l'analyse en page rubrique Actions belges). Nous devons concéder que cette entreprise technologique constitue pour nous la plus grande surprise du Top 5 de la décennie écoulée. Cela ne peut que nous inciter à entreprendre un suivi actif de l'action cette année. Si nous avions simplifié notre "élection", en ne tenant compte que du classement à 20 ans, Econocom serait arrivée en tête. L'action est cotée sur la Bourse de Bruxelles depuis 1986, où elle a donc fait fureur. Cette entreprise, qui emploie 9000 personnes et est active dans 19 pays pour un chiffre d'affaires (CA) de 2,3 milliards d'euros en 2015, profite actuellement de la transformation numérique, domaine où elle peut aider de nombreuses organisations. Elle a été fondée en 1974 par Jean-Louis Bouchard, qui en est toujours le président du conseil d'administration et, avec 41%, l'actionnaire dominant. Le groupe se compose aujourd'hui de trois divisions: Technology management & financing, Products & solutions et Services. Hardware, software, sécurité, application Web et mobile... Econocom est synonyme d'une foule de produits et services. Notamment grâce à des acquisitions ciblées, le CA aura progressé de 1,5 à 2,5 milliards d'euros entre 2012 et 2016 - sur la base des prévisions du marché. Melexis est l'une des rares perles technologiques cotées en Bourse que compte notre pays. C'est un producteur de semi-conducteurs et de capteurs, principalement (90%) pour le secteur automobile. Melexis arrive en cinquième position mondiale dans ce segment. Melexis est en outre une des entreprises qui connaissent la plus forte croissance du segment, et se dirige vers une énième année record.Texaf est un petit (valeur boursière de 100 millions d'euros) holding spécialisé dans l'immobilier en République démocratique du Congo (RDC). Il investit dans des bâtiments et terrains bien sécurisés situés aux meilleurs emplacements de Kinshasa. Comme le pays, le holding fondé en 1925 et surtout actif dans la production textile pendant des décennies a traversé plusieurs périodes tempétueuses. Il s'est même retrouvé dans une situation très précaire au début de ce siècle, en témoigne un cours de 0,05 euro en 2001. C'est à ce moment que l'actuel directeur (CEO) Philippe Croonenberghs a racheté Texaf pour la réorienter avec succès dans l'immobilier de luxe - pour le plus grand plaisir des actionnaires.