Pour dresser la liste des 10 meilleures actions belges des deux dernières décennies, nous avons d'abord établi des classements à cinq, dix, quinze et vingt ans, puis identifié les entreprises du pays qui ont rétribué le plus leurs actionnaires (sur la base des hausses de cours et des distributions de dividendes).
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Pour dresser la liste des 10 meilleures actions belges des deux dernières décennies, nous avons d'abord établi des classements à cinq, dix, quinze et vingt ans, puis identifié les entreprises du pays qui ont rétribué le plus leurs actionnaires (sur la base des hausses de cours et des distributions de dividendes). Nous avons attribué des points (de pénalité) à chaque entreprise. Ainsi, celle dont l'action a obtenu le return le plus élevé à cinq ans s'est vu octroyer un point; la deuxième, deux points, etc. Nous avons procédé de la sorte pour chacun des quatre classements. En tête du classement général figure donc, bien entendu, celle qui a obtenu le moins de points. Nous avons décidé qu'en cas d'ex-aequo, le return le plus élevé à 20 ans serait décisif. Pour la deuxième année d'affilée, le classement est dominé par Lotus Bakeries. Pourtant, l'exercice 2017 n'a pas été aussi bon que les précédents pour le biscuitier de Lembeke, en Flandre orientale. En témoigne sa 9e position dans le classement à court terme. Certes, les returns à plus long terme restent supérieurs, mais cette année, Lotus joue sa première place. Car Melexis a, en un an, bondi de la quatrième à la deuxième place, et enregistre le meilleur return à cinq ans. Picanol a donc rétrogradé en troisième position, mais demeure sur le podium grâce à la très bonne année écoulée. Galapagos est entrée dans le top5 et figure dans tous les classements; des nouvelles favorables concernant Filgotinib et d'autres molécules pourraient la hisser sur le podium, au terme de 2018. Econocom est descendue à la cinquième place en raison d'une performance boursière nettement inférieure à ce à quoi l'entreprise nous avait habitués. L'on remarquera que les entreprises dirigées par des actionnaires familiaux continuent à dominer le top5. L'exercice 2017 est tristement historique pour les actionnaires de Lotus Bakeries. Pour la première fois en 16 ans, l'action s'est montrée moins performante que l'indice Bel20. L'écart est d'ailleurs important: la sous-performance par rapport à l'indice de référence atteint quelque 25%. Malgré cela, Lotus Bakeries demeure en tête de notre classement général, pour la deuxième année consécutive. Dans le classement à cinq ans, cependant, le producteur de spéculoos a chuté de la 4e à la 9e place. En raison de la faiblesse de la livre (20% du chiffre d'affaires du groupe en GBP) et de la " crise des oeufs " (Fipronil), 2017 a été une année de transition pour Lotus, qui, cette fois, n'évoquera pas de croissance du chiffre d'affaires et du bénéfice à l'occasion de la publication des chiffres annuels. Entreprise familiale, Lotus incarne depuis plusieurs années la percée internationale du spéculoos. C'est rare dans le secteur alimentaire. On notera en particulier le succès du biscuit aux Etats-Unis. A présent que le groupe a racheté, au Royaume-Uni, Natural Balance Foods et Urban Fresh Foods, les en-cas sains devraient eux aussi contribuer à la croissance de l'entreprise au cours des années à venir. Notre pays compte peu de perles technologiques cotées en Bourse comme Melexis. L'entreprise produit des semi-conducteurs et des capteurs, destinés principalement (90%) à l'industrie automobile. Melexis est le cinquième producteur mondial de capteurs pour ce secteur. Elle est en outre l'entreprise qui connaît la plus vive croissance dans le segment. L'on peut donc s'attendre à une énième année record. Enfin, Melexis bénéficie de l'intérêt croissant pour les véhicules électriques et autonomes. Ce n'est pas pour rien que l'on assiste à de nombreuses acquisitions dans le secteur. Melexis a surperformé de 20% environ le Bel20 en 2017, ce qui explique sa deuxième place au classement général (4e place l'an dernier). Elle domine à présent le classement à cinq ans, où elle était sixième l'an dernier. Un candidat à la première marche du podium, fin 2018. Le fabricant de métiers à tisser n'a plus la médaille d'argent cette fois, mais celle de bronze. Les cours supérieurs à 100 euros jusqu'à l'été suggéraient que Picanol battrait son record précédent. Mais l'action s'est effritée au cours du deuxième semestre. Elle a abandonné près de 20% par rapport à son sommet. Sur la base des chiffres semestriels, nous tablons sur un chiffre d'affaires historique, mais le bénéfice sera probablement inférieur à celui de 2016, année record. Le mauvais troisième trimestre de Tessenderlo Group, dont Picanol est actionnaire à concurrence d'environ 40%, a également pesé sur l'action de notre numéro 3 belge des deux dernières décennies. Picanol est le leader mondial du secteur des métiers à tisser, notamment grâce à sa maîtrise technologique. En 2009, l'ancien " manager de l'année ", Luc Tac, avait sauvé de la faillite l'entreprise ouest-flandrienne, basée à Ypres. Une opération couronnée de succès, puisque le cours de l'action est passé de 1,4 euro à l'été 2009 à près de 100 euros fin 2016! L'entreprise biotechnologique belgo-néerlandaise fait son entrée dans le top5 après deux excellentes années boursières d'affilée et une performance à nouveau bien supérieure à la moyenne. Fin 2016, elle occupait la 6e place du classement général. Galapagos et son partenaire Gilead Sciences continuent à investir considérablement dans leur poule aux oeufs d'or potentielle, Filgotinib. Plusieurs études cliniques de phaseIII sont en cours avec ce candidat médicament, administré notamment à des patients atteints de la maladie de Crohn ou souffrant de colite ulcéreuse. Leurs premiers résultats devraient être dévoilés courant du deuxième semestre prochain. L'entreprise développe avec son partenaire AbbVie une trithérapie contre la mucoviscidose - un autre " blockbuster " potentiel (médicament dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à un milliard d'euros). Concernant le traitement de la fibrose pulmonaire, Galapagos a publié d'excellents résultats d'études en 2017.Compte tenu d'une correction du cours de plus de 10% - soit une performance inférieure d'environ 20% à la moyenne du marché - Econocom a quitté le podium, pour se retrouver deux marches plus bas que fin 2016. Le plan stratégique 2022 que le groupe avait présenté à l'automne n'a pas entraîné une hausse suffisante du cours pour compenser la chute consécutive à l'annonce de résultats semestriels décevants. La transition numérique est une bonne chose pour Econocom, qui vient en aide aux sociétés dans ce cadre. Econocom a été fondée en 1974 par Jean-Louis Bouchard, actuellement le président du conseil d'administration, qui reste, avec 41% des parts, l'actionnaire dominant. Le groupe compte trois divisions: Technology Management&Financing, Products&Solutions, et Services. Son savoir-faire est multiple: hardware, software, sécurité, applications web et mobiles, etc.