Basé à Cologne, le groupe chimique allemand Lanxess ne jouit pas d'une grande notoriété au sein de la communauté des investisseurs. Il emploie pourtant 16.700 personnes sur des sites de production répartis sur 29 pays. Lanxess compte également parmi les 30 entreprises privilégiées qui forment l'indice DAX. Le nom Lanxess est la contraction du français "lancer" et de l'anglais "success". Il n'a fait son apparition qu'en 2004, après qu'une restructuration chez Bayer a débouché sur la scission et l'autonomisation d'une grande part des activités chimiques du célèbre groupe allemand. Au sens strict, Lanxess n'a donc qu'une petite décennie d'existence. Mais ses racines remontent à 1863 et à la création de Bayer, à l'époque fabricant de colorants et de peintures synthétiques. Aujourd'hui, Lanxess est actif d...

Basé à Cologne, le groupe chimique allemand Lanxess ne jouit pas d'une grande notoriété au sein de la communauté des investisseurs. Il emploie pourtant 16.700 personnes sur des sites de production répartis sur 29 pays. Lanxess compte également parmi les 30 entreprises privilégiées qui forment l'indice DAX. Le nom Lanxess est la contraction du français "lancer" et de l'anglais "success". Il n'a fait son apparition qu'en 2004, après qu'une restructuration chez Bayer a débouché sur la scission et l'autonomisation d'une grande part des activités chimiques du célèbre groupe allemand. Au sens strict, Lanxess n'a donc qu'une petite décennie d'existence. Mais ses racines remontent à 1863 et à la création de Bayer, à l'époque fabricant de colorants et de peintures synthétiques. Aujourd'hui, Lanxess est actif dans trois grands secteurs. Tout d'abord la Chimie industrielle, avec des additifs utilisés dans la production des produits agrochimiques, des colorants/pigments, du polyester, du PVC et de peintures. Il y a aussi la division Caoutchouc synthétique avec des produits semi-finis pour la production notamment de produits d'étanchéité, des pièces pour voitures, de pneumatiques, de semelles de chaussures, d'équipements sportifs et de vêtements de sécurité. Et enfin les Plastiques avec des produits semi-finis employés notamment dans la fabrication de pièces de voiture, de mobilier et d'équipement sportif. Si un certain nombre de Belges connaissent l'entreprise, c'est parce qu'elle est présente sur le port d'Anvers depuis les années 1960, avec notamment une usine de caoutchouc synthétique. Les critiques ont coutume de dire que Lanxess regroupe toutes les activités pour lesquelles Bayer ne voyait pas (suffisamment) d'avenir. Une opinion largement partagée en Bourse, d'ailleurs. Ces douze derniers mois, Lanxess comptait parmi les trois actions les moins performantes de l'indice Dax avec une baisse de 15%, alors que Bayer trônait à nouveau dans le top 3 avec une progression de 29%. Dividendes compris, l'actionnaire Lanxess a même perdu 19% sur son investissement ces trois dernières années, alors que l'investisseur dans un tracker ou un fonds indiciel sur le DAX réalisait un gain de 65% (soit un écart de 84%!). Lanxess fait donc figure de "vilain petit canard" de l'indice DAX avec une diminution du cours de moitié entre son sommet de début 2013 et son plancher de début 2015. Nous pensons cependant que cette correction est excessive. D'autant qu'avec un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (EBITDA) de 6, Lanxess affiche une sous-valorisation de 40% par rapport à la moyenne du secteur. De plus, nous pensons que le marché sous-estime l'impact possible du nouvel homme fort (CEO) Matthias Zachert. Jeune (plus jeune CEO du DAX30), strict et discipliné, il distingue trois phases dans le plan de redressement de Lanxess (sous le slogan "Let's Lanxess again"). La première est terminée et ses résultats transpirent clairement dans le rapport du 3e trimestre. Malgré une baisse du chiffre d'affaires de 0,5%, l'EBITDA a en effet gagné 12,3%. La réduction du nombre de business-units de 14 à 10 a permis de réduire les frais généraux. Il en résultera une baisse structurelle des coûts de 150 millions EUR et 1000 emplois de moins d'ici à 2016. La deuxième phase a été commencée récemment et concernera les 40% d'activités en difficulté. On ne peut notamment pas exclure la fermeture d'usines ou des cessions d'activités. A nos yeux, l'effet positif attendu - une plus grande excellence opérationnelle - de cette réorganisation ne se reflète pas dans le cours actuel. La troisième phase (2016-2017) sera ensuite placée sous le signe de la croissance et de l'expansion. ConclusionNous commençons le suivi de Lanxess avec un avis positif : nous tablons en effet sur un mouvement de rattrapage induit par la restructuration (profonde) des activités. L'action signe également son entrée en Sélection, ce qui signifie qu'elle entre en considération pour le portefeuille modèle.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B