La semaine écoulée a été particulièrement mouvementée. Au départ, elle semblait encourageante. Les membres de l'OPEP sont parvenus à un accord pour réduire leur production afin de redresser les prix du pétrole. C'est l'Arabie Saoudite qui le souhaitait. Rappelons que ce même pays les a fait chuter en mai 2014 pour contrarier la Russie et l'Iran ainsi que les États-Unis et leurs gisements de schiste. Les compagnies américaines ont souffert le martyre tandis que la Russie et l'Iran sont parvenus à déjouer les intentions arabes en vendant leur production ailleurs. Aujourd'hui, la péninsule arabe connaît des difficultés financières et se retrouve dans la position de l'arroseur arrosé.
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La semaine écoulée a été particulièrement mouvementée. Au départ, elle semblait encourageante. Les membres de l'OPEP sont parvenus à un accord pour réduire leur production afin de redresser les prix du pétrole. C'est l'Arabie Saoudite qui le souhaitait. Rappelons que ce même pays les a fait chuter en mai 2014 pour contrarier la Russie et l'Iran ainsi que les États-Unis et leurs gisements de schiste. Les compagnies américaines ont souffert le martyre tandis que la Russie et l'Iran sont parvenus à déjouer les intentions arabes en vendant leur production ailleurs. Aujourd'hui, la péninsule arabe connaît des difficultés financières et se retrouve dans la position de l'arroseur arrosé.Peu après, la déconfiture de la Deutsche Bank est venue perturber les marchés. Son déclin provient naturellement de son imposant portefeuille de produits dérivés sans valeur. L'affaire a également trait à la guerre que se livrent les banques américaines contre leurs homologues européennes. Il s'agit d'une guerre asymétrique. On ne peut en effet comparer la situation du secteur bancaire de ces deux régions. Depuis 2009, les banques américaines peuvent comptabiliser leurs avoirs et créances comme bon leur semble. Liberté dont ne disposent pas les banques européennes. Certes, ces dernières peuvent enregistrer leurs créances déficitaires à leur valeur d'origine et camoufler ainsi les pertes.On prétend souvent que la faiblesse des taux d'intérêt est la cause principale des difficultés des banques. C'est partiellement vrai. Mais les banques tirent leur profit des commissions qui dépendent de leurs activités, ainsi que du différentiel entre les taux qu'elles imposent et ceux qu'elles obtiennent. Ce dernier point n'est nullement affecté par le niveau des taux d'intérêt, pourvu que le différentiel se maintienne. Les taux négatifs, par contre, compliquent la valorisation des produits dérivés et spéculatifs. La constitution de tels produits est devenue quasiment impossible de nos jours. C'est le problème majeur qui frappe la Deutsche Bank - pour ne citer qu'elle!La Deutsche Bank est contrainte d'émettre des centaines de produits spéculatifs par semaine en guise de remplacement des produits échus dans l'intervalle. Elle peut ainsi reporter l'enregistrement des pertes sur ces produits. Si elle ne parvenait plus à réaliser de tels reports, ses réserves financières ne suffiraient pas du tout à couvrir les pertes subies. Il est évident que la banque serait alors soutenue par le gouvernement quand bien même ce dernier s'est interdit pareille intervention il y a deux ans. La chute de cette banque entraînerait celle des autres. C'est ce qu'ont compris les autorités américaines vendredi dernier. Les banques occidentales se tiennent toutes par la main.Les petits porteurs doivent tirer leçon de ce qui s'est passé. La première concerne la solidité des banques. Elle ne s'est pas améliorée depuis que la crise sévit. Les produits bancaires sont donc à éviter comme la peste. Ensuite, vu l'évolution chaotique des marchés la semaine passée, il est clair que la négociabilité des produits boursiers reste aléatoire. Elle l'est encore plus quand les produits boursiers représentent une composition d'autres produits individuels, comme les fonds de placement.Un fonds obligataire n'est pas comparable à une obligation. Même si le fonds offre une garantie de capital. Une obligation offre la certitude d'un rendement. On est même en mesure de l'élever en pratiquant des arbitrages opportuns. On sait aussi par avance comment l'obligation réagira aux fluctuations des taux d'intérêt. Les fonds, eux, n'offrent pas ces certitudes. Il est impossible de savoir comment le cours d'un fonds réagira à un soubresaut des taux d'intérêt. Quant à la garantie du capital, elle dépend, tout comme pour une obligation, de la qualité de l'émetteur. Comme les fonds sont gérés par les banques, cette garantie est tout aussi aléatoire que la solidité financière des banques.Il y a deux approches fondamentales pour investir en obligations. La première, la plus efficace, est la recherche d'un revenu constant couvrant des dépenses récurrentes. Il est vrai qu'avec les taux d'intérêt en recul constant, il devient plus ardu de trouver des obligations adéquates, à moins de se contenter de qualité médiocre. La seconde approche vise la capitalisation. C'est l'approche la plus prisée des petits porteurs. De nos jours, avec la baisse continue des taux, le rendement ou retour s'obtient principalement des plus-values que la baisse des taux engendre.Prenons pour exemple ceux qui ont souscrit l'année passée l'émission de Shell International 2015-2025 1,875% (15-09) en euro (EUR) à 99,65%. Ils pouvaient vendre leurs titres à 112,71% fin septembre. À la souscription, il savaient que l'emprunt leur rapporterait 1,91% brut. Mais aujourd'hui, ils réaliseraient un retour de 14,42% brut. Aussi longtemps que les taux fléchissent, ce retour augmentera. Il leur est cependant loisible de vendre leurs titres et d'en souscrire d'autres. Ce faisant, ils transformeront la plus-value en capital, lequel rapporte à son tour. Et le jour où les taux d'intérêt changeront de direction, ils vendront le plus rapidement possible leurs titres et les remplaceront par des obligations à coupon variable.Le cours de ces dernières avoisinera le pair (100%), précisément parce que le coupon s'adaptera périodiquement aux conditions du marché. Ce cours oscillera sous le pair tant que les taux resteront orientés à la hausse; les opérateurs tiennent compte de cette probabilité dans leur cotation. Mais comme le cours ne s'éloignera jamais bien loin du pair, il sera toujours possible de remplacer l'obligation par une autre aux conditions plus attrayantes. Cette approche restera valable aussi longtemps que les taux remonteront. En clair, quelle que soit la direction que prennent les taux d'intérêt, il existe toujours un moyen d'en tirer profit.Les tensions étaient à couper au couteau sur le marché des capitaux. Les titres bancaires ont été chahutés. Ils se sont redressés en fin de semaine, limitant ainsi leurs pertes. Les émetteurs souverains de longue durée ont bondi en avant, ce qui a aplati les courbes de rendement. La tendance générale était positive, quoique moins significative que la semaine antérieure. On comptait moins de titres à la hausse que la semaine précédente. Le rapport dépassait rarement 3 contre 1.L'euro a cédé un peu de terrain face aux principales devises. Les devises liées au pétrole ont affiché de belles performances, sauf le réal (BRL), qui a abandonné 0,8%. La couronne norvégienne (NOK), le rouble (RUB) et le peso mexicain (MXN) ont gagné plus de 1%. Les devises à haut rendement se sont tassées. Le rand (ZAR) a perdu 1,85%, la lire turque (TRY) 1,5%. Les banques continuent de submerger le marché primaire de leurs émissions. Le géant de la chimie allemande BASF (A) lance deux emprunts en EUR et en GBP destinés aux petits porteurs. Leurs conditions sont plutôt chiches, mais elles ont été bien accueillies. L'autre chimiste allemand, Lanxess (BBB-), est tout aussi chiche avec ses deux émissions en EUR. Elles aussi ont été bien accueillies, leurs cours dépassant leur prix de souscription sur le marché gris.