Aujourd'hui, mardi 8 juillet, la saison des résultats des entreprises américaines s'ouvre officieusement avec les résultats trimestriels d'Alcoa (nous les commenterons dans notre prochain numéro, le 28B). Comme souvent indiqué, l'évolution plus lente que prévu des bénéfices d'entreprises freine la hausse des Bourses. Principalement à Wall Street. Pour l'indice large Standard&Poor's500, en 2013, on prévoyait une croissance des bénéfices de 9 à 10% mais nous avons atterri autour de 6%, à 108,3 USD par action. Ce qui signifie qu'actuellement, nous payons en moyenne 17,9 fois le bénéfice historique pour une valeur indicielle américaine, le plus haut ...

Aujourd'hui, mardi 8 juillet, la saison des résultats des entreprises américaines s'ouvre officieusement avec les résultats trimestriels d'Alcoa (nous les commenterons dans notre prochain numéro, le 28B). Comme souvent indiqué, l'évolution plus lente que prévu des bénéfices d'entreprises freine la hausse des Bourses. Principalement à Wall Street. Pour l'indice large Standard&Poor's500, en 2013, on prévoyait une croissance des bénéfices de 9 à 10% mais nous avons atterri autour de 6%, à 108,3 USD par action. Ce qui signifie qu'actuellement, nous payons en moyenne 17,9 fois le bénéfice historique pour une valeur indicielle américaine, le plus haut niveau de ces dernières années et 12% de plus que la moyenne des 5 dernières années. L'investisseur débourse aussi 1,75 fois le chiffre d'affaires moyen, 2,7 fois la valeur comptable moyenne, tandis que le ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (EBITDA) s'élève à 10,9 et que le rendement de dividende moyen atteint 1,9%. Difficile de contester que les actions américaines présentent une valorisation tendue et que ceci n'est que le résultat des taux historiquement faibles.Plus d'excusesLe 3 janvier, le consensus des analystes pour le S&P500 faisait état d'un bénéfice par action de 119,2 USD, ce qui représente une augmentation de 10% par rapport à 2013. Début juillet, force est cependant de constater que cette prévision de bénéfice, tout comme l'an dernier, tient de moins en moins la route. Au 3 juillet, le consensus est encore à 118 USD (hausse de plus de 8% par rapport à l'an dernier). Le prétexte invoqué pour le premier trimestre est le climat, plus spécifiquement le "polar vortex". Car alors que nous n'avons pas eu d'hiver en Europe occidentale, celui-ci fut particulièrement rigoureux de l'autre côté de l'Atlantique. Ce phénomène a grandement perturbé la vie économique pendant quelques jours/semaines.Cette excuse ne peut plus être invoquée pour le deuxième trimestre. La croissance des bénéfices devra être réamorcée pour éviter les déceptions. Notons du reste que les prévisions des analystes pour 2015 sont très élevées. L'an prochain, le consensus se situe à plus de 11% de croissance bénéficiaire. Voilà qui est pour le moins ambitieux, mais qui tire la valorisation du marché vers le bas. L'indice S&P500 capitalise 16,6 fois le bénéfice attendu (moyen) pour cette année et 14,9 fois celui de l'an prochain. Ces prévisions ambitieuses rendent les actions encore plus intéressantes que les obligations.Mais l'Europe, surtout, présente encore un potentiel de croissance considérable pour les entreprises. Leurs bénéfices n'ont en effet certainement pas encore atteint leur sommet historique, contrairement à ceux de leurs homologues américaines. Les analystes prévoient dès lors une croissance encore plus forte des bénéfices pour la zone euro que pour les Etats-Unis : une croissance du bénéfice à deux chiffres tant pour 2014 (+10,1%) que pour 2015 (+15,9%). Il convient cependant d'ajouter que les prévisions de bénéfice ont été revues à la baisse ces dernières semaines. En cela les analystes suivent les abaissements des projections de croissance pour la zone euro. L'été devrait donc être " chaud ", pas seulement en termes de météo, mais aussi pour plusieurs entreprises.