Pour qui veut investir dans les grands groupes du secteur, il y a, outre Disney, aux Etats-Unis, la Compagnie des Alpes et Pierre & Vacances, en Europe. Si nous ne citons pas l'espagnol Parques Reunidos, qui exploite des parcs d'attractions, animaliers et marins - il est propriétaire de Bobbejaanland et d'une soixantaine d'autres parcs encore, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Australie -, c'est parce que le groupe est sorti de Bourse il y a quelques années.
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Pour qui veut investir dans les grands groupes du secteur, il y a, outre Disney, aux Etats-Unis, la Compagnie des Alpes et Pierre & Vacances, en Europe. Si nous ne citons pas l'espagnol Parques Reunidos, qui exploite des parcs d'attractions, animaliers et marins - il est propriétaire de Bobbejaanland et d'une soixantaine d'autres parcs encore, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Australie -, c'est parce que le groupe est sorti de Bourse il y a quelques années. Bien qu'aucune action Studio 100 ne soit disponible en Bourse non plus, nous mentionnons le groupe parce qu'il a émis, lui, une obligation, porteuse d'un coupon de 3,35 % l'an, qui arrivera à échéance le 23 juin 2022. Son prix a baissé ces derniers mois. Elle est aujourd'hui, à environ 100,5% de sa valeur nominale, nettement moins chère qu'il y a deux ans, et offre un rendement de 2,6% (brut). La crise sanitaire n'a pas épargné le Studio 100. Mais le groupe qu'ont fondé les spécialistes des médias Hans Bourlon et Gert Verhulst a tenu le coup grâce aux réserves qu'il s'était constituées. En outre, il s'est beaucoup diversifié ces dernières années, et est propriétaire de nombreux personnages classiques de la télévision - parmi d'autres, Maya l'Abeille, Heidi, Fifi Brindacier, Vic le Viking, Nils Holgersson, Lassie et Black Beauty -, à l'instar de Disney. En février 2017 par exemple, il a acquis une participation majoritaire dans m4e AG, spécialisée dans la production de contenus pour enfants. Si ses parcs à thème et sa division musicale ont été particulièrement affectés, ses productions télévisées et musicales comme ses bandes dessinées ont, elles, à peine souffert, en 2020.La crise de coronavirus a rendu la vie dure à la Compagnie des Alpes (CDA) aussi. Les chiffres du 1er semestre de son exercice décalé 2020/21 sont désastreux. Elle a vu son chiffre d'affaires chuter de 93%, à 31,5 millions d'euros. Heureusement, elle a bénéficié d'un soutien exceptionnel de 83 millions d'euros de l'Etat français pour compenser la fermeture des pistes. En conséquence, son cash-flow opérationnel (Ebitda) n'a plongé "qu'à" -17 millions d'euros. Il était indispensable pour la CDA d'accroître son capital, et elle y est parvenue. Début juin, elle a levé 230 millions d'euros, ou environ 40% de sa capitalisation boursière actuelle. Fin mars, sa dette nette se montait à 807 millions d'euros. Son ratio d'endettement (dette/Ebitda) est passé sous 2,5, bien en deçà du niveau maximal autorisé de 3,5, grâce à l'augmentation de capital. A laquelle ont d'ailleurs souscrit plusieurs de ses grands actionnaires, comme Marc Coucke (par l'intermédiaire d'AlyChlo), qui détenait déjà des participations dans Pairi Daiza et SnowWorld, un petit exploitant de salles de ski indoor. L'homme d'affaires a acheté pour près de 10 millions d'euros d'actions de la CDA. Ce qui fait de lui un copropriétaire de Walibi, de Bellewaerde et du plus grand exploitant de domaines skiables au monde. Si l'avenir s'annonce plus rose que dernièrement, la plupart des parcs d'attractions en France et en Belgique (le Futuroscope, le Parc Astérix, Aqualibi...) ayant rouvert leurs portes, la direction ne s'est néanmoins pas encore risquée à émettre des perspectives pour la deuxième partie de l'exercice. Malgré les pertes enregistrées l'an dernier et cette année, la CDA versera un dividende, mais modeste. Sans nouvelle vague de contaminations, une amélioration des chiffres est possible à la fin de 2022. En attendant, la CDA offre aux actionnaires détenant au moins 200 titres un forfait de ski de deux jours ou deux entrées dans un parc d'attractions; à ceux qui en possèdent 400, un forfait de ski de six jours ou six entrées. Parce que son cours évolue en dents de scie, l'action CDA ne convient pas aux investisseurs particuliers qui appliquent la stratégie buy and hold. Au début de l'année 2018, l'action valait encore 25 euros; aujourd'hui, elle n'en vaut plus que la moitié. A nos yeux, elle est susceptible de se réapprécier dans les deux ans. Dès lors qu'en outre la CDA a renforcé sa position financière, nous miserions sur un redressement de ses résultats. The Walt Disney Company compte tellement d'activités diverses qu'elle a traversé la crise moins péniblement que d'autres. Cette année, son bénéfice par action atteindra probablement 2,5 dollars et en 2022, le double est attendu. Ce n'est qu'en 2023 qu'il devrait retrouver son niveau d'avant la pandémie, de plus de cinq dollars. Le rendement en dividende reviendrait alors à 1,5%. Disney attend beaucoup de son service de streaming. Or il a attiré au 2e trimestre (période de janvier à mars) de son exercice décalé 2020/21 à peine 103 millions de nouveaux abonnés à son service Disney+ (attentes: 109 millions). Les recettes issues des parcs à thème ont baissé de 44% en raison des mesures sanitaires et le segment a réalisé une perte opérationnelle de 406 millions de dollars. A 15,61 milliards de dollars, le chiffre d'affaires du groupe s'est inscrit en recul de 13% en glissement annuel, au 2e trimestre. Néanmoins, Disney a fait part d'un bénéfice de 900 millions de dollars sur une base annuelle. Sur la base du ratio cours/bénéfice escompté (voir tableau), l'action est très onéreuse. C'est pourquoi nous émettons un conseil neutre.Le groupe Pierre & Vacances - Center Parcs semble être le plus vulnérable du secteur. Au 2e trimestre de l'exercice 2020/21, durant lequel la quasi-totalité de ses sites étaient fermés, ses activités touristiques ne lui ont rapporté que 62,3 millions d'euros - soit 76,6% de moins qu'un an plus tôt! Le segment Center Parcs Europe a vu son chiffre d'affaires chuter de 84%; les domaines allemands, français et belges n'ont presque jamais été ouverts, et dans les domaines néerlandais, l'offre a été réduite, durant le trimestre. Les résidences Adagio ont subi un repli de 59% de leur chiffre d'affaires en raison de l'absence de la clientèle d'affaires et internationale et de la fermeture de près d'un tiers des appart'hôtels. Rien ne lui permettant de dire avec précision si et quand une amélioration interviendra, le groupe a sollicité l'ouverture d'une procédure amiable de conciliation. Il mène, sous l'égide du conciliateur, des discussions amiables avec ses principaux partenaires financiers. Le 10 mai, il a en tout cas trouvé un nouveau financement (en dette). En vertu de l'accord conclu avec ses créanciers, il pourra compter sur 300 millions d'euros, dont une première tranche, de 175 millions, a déjà été mise à sa disposition. Il pourra retirer le solde, dont 34,5 millions d'euros sous la forme d'un prêt garanti par l'Etat français, au plus tard le 31 octobre 2021. Le groupe entend renforcer par ailleurs ses fonds propres, et plusieurs acteurs du secteur ont déjà exprimé une marque d'intérêt à son égard.La direction de Pierre & Vacances s'efforce, on le voit, de garantir la continuité de son activité. Elle a même négocié avec ses propriétaires le prix des loyers. A l'entendre, les choses peuvent encore s'arranger. Son nouveau plan stratégique, "Re-Invention", fixera les nouveaux objectifs du groupe. Mais nous sommes moins confiants que la direction. Nous ignorerions donc l'action jusqu'à ce que la restructuration financière du groupe soit plus avancée.