La fin de l'année (boursière) approche à grands pas. Il est temps de jeter un oeil sur l'année écoulée. En début d'année, un consensus assez large avait été atteint par rapport à deux perspectives des marchés financiers. Tout d'abord, le fait que les actions surperformeraient les obligations. Ensuite, la conviction qu'il faudrait préférer les actions européennes aux américaines. Lorsqu'un consensus est trop large, précisément, il est possible que la réalité évolue différemment des attentes.
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La fin de l'année (boursière) approche à grands pas. Il est temps de jeter un oeil sur l'année écoulée. En début d'année, un consensus assez large avait été atteint par rapport à deux perspectives des marchés financiers. Tout d'abord, le fait que les actions surperformeraient les obligations. Ensuite, la conviction qu'il faudrait préférer les actions européennes aux américaines. Lorsqu'un consensus est trop large, précisément, il est possible que la réalité évolue différemment des attentes.C'est ce qui s'est passé cette année. Les causes sont les suivantes : d'abord, les économistes et stratèges avaient une vision trop enthousiaste de l'économie mondiale en général et de l'Europe en particulier. Le redressement économique dans la zone euro fut en quelque sorte un feu de paille. Il s'est étouffé presque aussitôt après avoir pris forme. De même, la croissance de l'économie chinoise a continué de ralentir, sans qu'il soit cependant question d'un atterrissage en catastrophe. En Amérique Latine surtout - Argentine et Brésil en tête - le ralentissement de la croissance chinoise a mis au jour plusieurs faiblesses et points d'attention. Cela dit, le pays le plus affecté fut la Russie. Conséquence de sa propre dette (annexion de la Crimée) et de la chute spectaculaire des cours pétroliers. Malgré le " polar vortex " (hiver rigoureux) qui a sévi au premier trimestre, l'économie américaine a pour sa part pu se targuer, les trimestres suivants, d'un rythme de croissance plus rapide, comme prévu.Moins de 1%Ce dernier élément explique que le billet vert se soit redressé sensiblement par rapport à l'euro et de nombreuses autres devises au second semestre. L'économie en repli a forcé et force notamment les Banques centrales européenne, chinoise et japonaise à assouplir davantage leur politique monétaire. Ce qui ne fut pas sans conséquences sur les marchés obligataires. La situation est historique, avec un taux belge à dix ans sur les emprunts d'Etat qui a plongé sous le seuil de 1%. Les mesures de soutien des banques centrales sont évidemment aussi positives pour les marchés boursiers, mais la faible croissance, les tensions politiques avec la Russie autour de l'Ukraine, la baisse des prix des matières premières et de l'énergie, notamment, ont aussi desservi plusieurs secteurs. De sorte que les Bourses européennes ont enregistré une évolution inférieure aux prévisions, et ne sont pour la plupart pas parvenues à réaliser un return positif. Wall Street a pour sa part connu une année globalement positive, mais pas un excellent cru comme les années précédentes. Les marchés boursiers ont toutefois été soutenus par l'activité de fusions et acquisitions qui s'est intensifiée, le secteur européen des télécommunications étant particulièrement concerné. Ce secteur s'est d'ailleurs distingué positivement, ce qui ne s'était plus produit depuis plusieurs années. Avec Lafarge (fusion avec Holcim), Lumina Copper (acquisition par First Quantum Minerals), Nutreco (offre de SHV en cours; possible surenchère de Cargill) et CGG (offre de Technip en cours), nous avons participé à quatre reprises aux opérations de fusions et d'acquisitions.