Depuis l'été dernier, les actions des producteurs d'or corrigent, parfois fort, même si la tendance à long terme reste haussière. Nous pensons que cette baisse touche à sa fin et que ces six, voire 12 prochains mois, leurs cours remonteront. C'est donc le moment de refaire un point sur les grandes sociétés du secteur que nous suivons. Nous ajoutons Kirkland Lake à notre liste d'acteurs prometteurs.
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Depuis l'été dernier, les actions des producteurs d'or corrigent, parfois fort, même si la tendance à long terme reste haussière. Nous pensons que cette baisse touche à sa fin et que ces six, voire 12 prochains mois, leurs cours remonteront. C'est donc le moment de refaire un point sur les grandes sociétés du secteur que nous suivons. Nous ajoutons Kirkland Lake à notre liste d'acteurs prometteurs. Le plus grand producteur d'or au monde a extrait 5,9 millions d'onces troy d'or en 2020, 6% de moins que l'année précédente. Ce repli est imputable aux interruptions de la production, mais aussi à la vente de Red Lake et de Super Pit, qui revendiquaient ensemble un peu plus de 300.000 onces troy. Le coût de production moyen a augmenté de 8% par rapport à 2019, à 1.045 dollars, mais cette hausse a été compensée par celle (+27%) du prix de l'or perçu, à 1.775 dollars. En conséquence, la marge par once troy d'or vendue s'est hissée de près de 70%, à 730 dollars, et le cash-flow disponible a plus que doublé, passant de 1,4 à 3,6 milliards de dollars. La dette nette est tombée de 1,2 à 0,2 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda). Partant, le dividende a pu être augmenté, de 38%. Le groupe rachètera pour un milliard de dollars de titres propres au cours des 18 mois à venir. Newmont ne dispose pas seulement de 94,2 millions d'onces troy d'or de réserves: il a également 613 millions d'onces troy d'argent - plus que Pan American Silver! Le groupe prévoit que ces prochaines années sa production sera stable. Elle tournera autour de 6,5 millions d'onces troy l'an. Newmont est l'une des valeurs à détenir dans tout portefeuille (diversifié) investi dans l'or.Barrick Gold a produit 4,76 millions d'onces troy d'or l'année passée; c'est 13% de moins qu'en 2019 mais conforme aux prévisions (4,5-5 millions). Ici aussi, la cession d'actifs explique en partie le recul; l'autre responsable est la mine Porgera, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, laquelle est fermée depuis avril 2020 par suite d'un conflit avec le gouvernement local. Barrick Gold assure que la production y reprendra cette année. Le coût de production moyen s'est accru de 8% aussi, à 967 dollars par once troy, mais devrait baisser dans les années à venir. Les actifs du groupe devraient produire un total de 4,5-5 millions d'onces troy chaque année. Barrick Gold dispose par ailleurs d'une activité cuivre très rentable (la production d'une livre de cuivre lui a coûté 2,23 dollars, le prix perçu par livre était supérieur à 4 dollars). L'Ebitda du groupe a grimpé de plus de moitié en 2020, à 7,5 milliards de dollars. Le cash-flow disponible a fait un bond, à 3,4 milliards de dollars (1,1 milliard de dollars, en 2019). Barrick Gold peut se targuer d'être le premier grand groupe aurifère à s'être désendetté totalement. Il verse un dividende annuel de 0,36 dollar (dépense de 640 millions de dollars), auquel s'ajoutera en 2021 un dividende extraordinaire de 0,42 dollar par action (750 millions de dollars), ce qui portera le rendement, au cours actuel, à 4%. Barrick Gold dispose de 68 millions d'onces troy de réserves. Son action est beaucoup moins chère que celle de Newmont en raison de son profil de risque plus élevé, la moitié de ses actifs se situant en Afrique et en Asie. Nous la trouvons exagérément sous-évaluée. Le producteur d'or de taille moyenne qu'était encore ce groupe canadien il y a quelques années seulement est déjà parvenu à rivaliser avec les plus grands. Entre 2016 et 2020, sa production est passée de 313.000 onces à 1,37 million d'onces troy. Il doit cette formidable croissance surtout à Fosterville, mine située en Australie: les minerais ont une teneur en or extrêmement élevée et l'once y est produite au prix "modique" de 312 dollars en moyenne. Pourtant, le rendement de l'action Kirkland Lake est inférieur à la moyenne du secteur depuis un an et demi. C'est que Fosterville ne possède plus que 1,8 million d'onces troy de réserves et, du moins si la production s'y poursuit au rythme actuel, la mine sera épuisée dans quelques années. Le groupe n'a pour l'heure qu'une solution partielle à ce problème. Macassa, au Canada, qui abrite elle aussi des minerais riches, sera étendue. Mais elle ne compensera pas à elle seule l'arrêt à venir de la production à Fosterville. En acquérant, début 2020, Detour Gold, le groupe a accru ses réserves de 13,8 millions d'onces troy. La production de la mine devrait passer de 517.000 onces troy en 2020 à 800.000 onces troy en 2025. Le coût de production devrait y baisser graduellement. Kirkland Lake a signé une année 2020 record, avec une production de 1,37 million d'onces troy, un bénéfice net de 788 millions de dollars et un cash-flow disponible de 733 millions de dollars. Ces prochaines années, la production du groupe devrait rester stable et le coût de production tourner autour de 800 dollars. Il lui reste à miser sur l'exploration pour dénicher une nouvelle pépite telle Fosterville, qui assurerait sa croissance. Kirkland Lake est dénué de dette et dispose de près de 850 millions de dollars de liquidités nettes. Il gâte ses actionnaires (dividendes, rachats d'actions). Redevenu bon marché récemment, le titre est digne d'achat.De par le risque inhérent à la situation géographique de ses actifs, Kinross Gold est l'un des producteurs d'or les moins chers. En 2020, près de deux tiers de sa production (2,37 millions d'onces troy) provenaient de trois mines: Paracatu (Brésil), Kupol (Sibérie) et Tasiast (Mauritanie). De 987 dollars par once troy, le coût de production moyen était légèrement plus élevé qu'attendu (970 dollars). Mais grâce à la hausse des cours de l'or, le groupe a produit un cash-flow disponible de 1 milliard de dollars, et pu réduire sa dette nette, à 713 millions de dollars, ou 0,35 fois l'Ebitda. Si cette année la production devrait rester stable, à 2,4 millions d'onces troy, et le coût de production s'accroître encore, à 1.025 dollars, la production devrait atteindre 2,7 millions d'onces en 2022 et 2,9 millions d'onces en 2023. La capacité de Tasiast sera étendue en 2023 et LaCoipa (Pérou) sera remise en service. En 2020, les réserves du groupe ont augmenté de pas moins de 23%, à 30 millions d'onces troy. Compte tenu de sa faible valorisation et de ses perspectives de croissance favorables, Kinross Gold demeure digne d'achat.Avant que la pandémie ne freine tout, le groupe canadien Agnico-Eagle Mines (AEM), actif au Canada, au Mexique et en Finlande, avait anticipé pour 2020 une production record de 1,8 million d'onces troy. Malgré les fermetures de mines, il est parvenu à produire près de 1,74 million d'onces. Si le coût de production d'une once s'est élevé à 1.051 dollars en moyenne l'an passé, il était moindre au 4e trimestre, à 985 dollars. Porté par l'appréciation des cours de l'or, l'Ebitda s'est hissé à 1,2 milliard de dollars; c'est plus d'un tiers de mieux qu'un an plus tôt. Parce qu'AEM a investi trois milliards de dollars dans la construction de nouvelles mines, son cash-flow disponible était négatif, ces dernières années. Mais ce dernier est redevenu positif en 2020, malgré un relèvement du dividende. En outre, grâce à l'expansion de Kittila (Finlande) et au démarrage de la deuxième phase de Meliadine (province de Nunavut, au Canada), la production du groupe est appelée à augmenter de près d'un cinquième. Elle passera à 2,05 millions d'onces troy cette année et à 2,1 millions en 2022. Le coût de production moyen oscillera entre 950 et 1.000 dollars. AEM a acquis TMAC Resources en février, et par là même, le projet prometteur Hope Bay ainsi que Doris, une mine déjà productive. Les réserves du groupe ont gonflé de 12%, à 24,1 millions d'onces troy, en 2020. La dette nette d'AEM est passée de 1,3 à 1,2 milliard de dollars, en un an. AEM s'échange pour sa part moyennant une prime par rapport à ses concurrents, en raison de la grande qualité de ses actifs, par ailleurs situés dans des régions économiquement stables et favorables à l'exploitation minière. En repli, elle aussi, depuis plusieurs mois, l'action affiche une valorisation attrayante.