Aujourd'hui, les investisseurs belges qui détiennent des actions néerlandaises paient une taxe à la source de 15% aux Pays-Bas, puis un précompte de mobilier de 30% en Belgique sur le montant résiduel. Cette double imposition devrait prendre fin à partir de 2019.
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Aujourd'hui, les investisseurs belges qui détiennent des actions néerlandaises paient une taxe à la source de 15% aux Pays-Bas, puis un précompte de mobilier de 30% en Belgique sur le montant résiduel. Cette double imposition devrait prendre fin à partir de 2019. En période de taux désespérément bas, les investisseurs portent un intérêt plus qu'ordinaire aux dividendes. Ils voient dans ces versements réguliers un complément à leurs revenus. Ils préfèrent même les actions offrant un dividende aux obligations. C'est compréhensible. L'histoire enseigne que les dividendes résistent mieux à l'inflation que les intérêts des obligations et des bons de caisse, par exemple. Mais on aurait tort de penser que les actions à dividende ne sont pas sujettes aux mêmes risques que les autres actions. Certaines actions génèrent traditionnellement des dividendes très élevés. Dans le secteur immobilier, par exemple, des rendements de 4% ne sont pas rares. Mais cela ne signifie pas nécessairement que ces actions sont intéressantes. Peut-être le rendement du dividende n'est-il très élevé que parce que le cours de l'action a beaucoup baissé. Peut-être est-ce le présage d'une détérioration de la situation. L'inverse aussi est envisageable. Des entreprises robustes versent parfois des dividendes réduits pour investir dans des projets très rentables les bénéfices qu'elles réalisent. Le cours peut ainsi augmenter, ce qui entraîne mécaniquement une diminution du rendement du dividende. Selon le grand investisseur néerlandais Frederik Van Beuningen, "un gros dividende est à la portée de n'importe qui". Mais ce n'est manifestement pas toujours le cas. Les services aux collectivités, les télécommunications, l'industrie pétrolière sont des secteurs connus pour leurs dividendes historiquement élevés. Les bénéfices de ces entreprises sont généralement prévisibles et relativement stables. D'autres secteurs ont un caractère très cyclique, comme l'industrie papetière, chimique, sidérurgique. Si les entreprises y versent parfois des dividendes très élevés, la rémunération des actionnaires peut aussi être particulièrement pauvre en période de basse conjoncture. Les amateurs de dividendes qui comptent sur un revenu régulier ont donc intérêt à vérifier si le dividende est sûr à long terme. Un rendement de dividende élevé doit surtout être soutenable. Les entreprises peu endettées, par exemple, sont plus à même de dorloter les investisseurs avec un dividende généreux chaque année, même si la conjoncture est défavorable. L'indice AEX des 25 plus grandes actions néerlandaises affiche un rendement de dividende brut moyen de 3,23%. L'indice AMX des mid caps, les entreprises de taille moyenne, fait un peu moins bien avec 3,08%. Chez nos voisins du Nord aussi, ce sont surtout les actions immobilières comme Wereldhave, Eurocommercial Properties et Unibail-Rodamco qui se distinguent avec un rendement de dividende de 5%, voire plus. Des valeurs financières comme ABN AMRO, ING et Van Lanschot Kempen figureront également en haut du classement cette année. Mais leurs revenus et donc leurs dividendes restent moins stables que ceux du secteur immobilier. La Bourse d'Amsterdam compte une série d'entreprises multinationales qui n'ont pas leur équivalent en Belgique, telles Unilever, Philips et Royal Dutch Shell. La suppression de la taxe sur le dividende présente un avantage supplémentaire pour ces dernières. L'écart entre les actions A néerlandaises et les actions B britanniques va en effet disparaître. Les actions Shell cotées à Londres coûtent généralement quelques pour cent de plus que leurs pendantes amstellodamoises, parce qu'il n'existe pas d'impôt sur le dividende en Grande-Bretagne. Les actions doivent satisfaire à des conditions strictes pour que nous les considérions comme des championnes du dividende. Des critères que tout investisseur bon père de famille devrait garder à l'esprit. Nous exigeons un rendement brut de 4% au bas mot et un dividende (presque) inchangé depuis au moins cinq ans, et de préférence croissant. Des entreprises comme Randstad ou Sligro Food Group ne répondent malheureusement pas à ces critères.Moins connu en Belgique, le producteur de semi-conducteurs BE Semiconductor Industries bénéficie actuellement de la haute conjoncture dans le secteur des puces électroniques. Il est un vrai champion du dividende. Hélas, le cours de son action ayant presque doublé cette année, le rendement du dividende est retombé sous les 4% (notre limite inférieure). Mais, dans la mesure où un nouveau relèvement du dividende est attendu l'an prochain, l'action mérite bien le titre de championne et une place dans le portefeuille de l'amateur de dividendes. Royal Dutch Shell répond pour sa part à toutes nos exigences. Le dividende fluctue depuis des années au-dessus de 5%. Seule objection : il n'est plus question, depuis peu, d'un relèvement progressif du dividende. Il y a deux ans, le rendement du dividende dépassait les 8%. Aujourd'hui, le rendement brut attendu est retombé à 6,5%. Le directeur (CEO) Ben van Beurden a cependant assuré que le géant pétrolier maintiendrait un dividende élevé au cours des années à venir.Le secteur financier également est généreux en matière de distribution de dividendes. Aegon jouit d'une excellente réputation à cet égard, et constitue d'ailleurs pour nous le " primus inter pares ". Certes, l'assureur a été contraint de renoncer à verser un dividende il y a quelques années sous l'effet de la crise financière, mais il en a repris la distribution juste à temps pour figurer dans notre classement des champions. Le relèvement progressif du dividende amorcé depuis 2012 porte aujourd'hui le rendement brut à 5,2%. Il devrait même évoluer vers les 6% sur la base des prévisions pour l'an prochain. Qu'en est-il du secteur immobilier ? Plusieurs entreprises y font preuve d'une belle constance s'agissant du dividende. Citons notamment Wereldhave, Eurocommercial, Unibail-Rodamco et VastNed. Il y en a pour tous les goûts. L'activité des trois premières se concentre principalement sur les centres commerciaux de taille moyenne. VastNed est quant à elle spécialisée dans l'immobilier commercial de qualité et situé dans les rues commerçantes les plus populaires des grandes villes. Le rendement de dividende le plus élevé est à mettre à l'actif de Wereldhave, qui propose quelque 7,75%. Mais il est également lié à l'évolution défavorable du cours de l'action ces deux dernières années, imputable à un risque d'inoccupation. Il y a deux ans, l'action Wereldhave s'échangeait à 65 euros. Aujourd'hui, elle coûte 40 euros. Les analystes ne prévoient pas de baisse de son dividende cette année, ce qui nous incite malgré tout à considérer Wereldhave comme une championne du dividende. Une petite ligne dans l'accord de gouvernement Rutte III suggère que le secteur immobilier sera soumis, comme les autres secteurs, au taux de 21% à l'impôt des sociétés à partir de 2020. Le secteur ne veut pas encore y réagir officiellement et attend l'exécution effective de l'accord. Des nuages pourraient donc très bientôt obscurcir le ciel immobilier néerlandais.