Au troisième trimestre (de 2016), l'économie australienne s'est contractée pour la première fois depuis 2011. La croissance d'une année à l'autre est ainsi retombée à 1,8%. On craint la première récession en 25 ans. Les investissements des entreprises sont en forte baisse - conséquence de la crise du secteur minier, où les investissements diminuent depuis 12 trimestres d'affilée. L'Australie est largement tributaire des matières premières: l'an dernier, celles-ci représentaient quelque 42% des exportations du pays.
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Au troisième trimestre (de 2016), l'économie australienne s'est contractée pour la première fois depuis 2011. La croissance d'une année à l'autre est ainsi retombée à 1,8%. On craint la première récession en 25 ans. Les investissements des entreprises sont en forte baisse - conséquence de la crise du secteur minier, où les investissements diminuent depuis 12 trimestres d'affilée. L'Australie est largement tributaire des matières premières: l'an dernier, celles-ci représentaient quelque 42% des exportations du pays. La récente stabilisation des cours des matières premières a permis au dollar australien (AUD) de récupérer une partie des pertes essuyées les années précédentes. La monnaie affiche un gain de 3% par rapport au dollar et de 5% par rapport à l'euro depuis le 1er janvier. Malgré cette appréciation, le débours depuis avril 2013 atteint toujours 25% face au dollar et 15% face à l'euro. 2017 n'apportera pas d'amélioration pour l'économie australienne, qui doit s'adapter à la fin du boom des matières premières. L'industrie n'a pas encore la capacité de combler le trou. Compte tenu d'un dollar australien plutôt cher, de la proximité de producteurs asiatiques à bas coûts et des limites du marché intérieur, l'industrie australienne peine à être compétitive à l'échelle internationale. Les ménages aussi sont sous pression. La croissance de la consommation intérieure est actuellement alimentée par une baisse du taux d'épargne. Le chômage est toujours sous contrôle grâce à l'augmentation du nombre d'emplois à temps partiel dans la construction, mais l'éclatement d'une bulle immobilière vieille de plusieurs décennies - annoncé depuis des années - pourrait changer la donne. Une hausse des cours des matières premières consécutive à la mise en oeuvre des projets de Donald Trump en matière d'infrastructures et/ou d'un programme d'infrastructures en Australie même pourrait cependant relancer la croissance australienne en 2017. Les cours des matières premières devront continuer à se redresser pour permettre à l'AUD d'encore gagner une partie du terrain perdu. Outre les matières premières, un autre facteur favorable au dollar australien a vu son impact faiblir dernièrement: le "carry-trade". Des spéculateurs avaient en effet pris l'habitude d'emprunter à taux réduits en yen japonais pour investir en actifs australiens à haut rendement. Mais le taux australien à court terme a beaucoup baissé ces dernières années, de 4,75% en 2011 à 1,5% à peine aujourd'hui. De nouvelles baisses des taux sont envisageables en 2017, car l'inflation reste en deçà de l'objectif de la Banque centrale australienne. Mais elles pèseraient encore sur la rentabilité du carry trade évoqué.