Les investisseurs ciblant la sphère émergente ont salué la victoire de Joe Biden: elle laisse augurer un changement radical de style et de philosophie. Donald Trump avait misé sur l'isolationnisme et le protectionnisme, les intérêts américains prévalaient sur les relations avec le reste du monde. Il a ainsi boudé l'Europe et déclenché une guerre commerciale avec la Chine, deuxième économie de la planète, un conflit qui a pesé sur les Bourses mondiales et davantage sur les émergentes. Sans surprise, l'indice MSCI Emerging Markets s'est adjugé plus de 10% depuis l'annonce...

Les investisseurs ciblant la sphère émergente ont salué la victoire de Joe Biden: elle laisse augurer un changement radical de style et de philosophie. Donald Trump avait misé sur l'isolationnisme et le protectionnisme, les intérêts américains prévalaient sur les relations avec le reste du monde. Il a ainsi boudé l'Europe et déclenché une guerre commerciale avec la Chine, deuxième économie de la planète, un conflit qui a pesé sur les Bourses mondiales et davantage sur les émergentes. Sans surprise, l'indice MSCI Emerging Markets s'est adjugé plus de 10% depuis l'annonce de la victoire démocrate.Ce redressement était bienvenu, car la décennie écoulée n'a pas été très favorable à la sphère émergente. Après la panique suscitée par l'apparition du Covid-19 en mars, le tracker iShares MSCI Emerging Markets (49,3 USD; s'échange sur le NYSE sous le code ISIN US4642872349 et le ticker EEM) est même tombé sous son niveau de 2010. Sur 10 ans, son rendement total (évolution du cours et dividendes) n'a pas dépassé 34%, alors que celui de l'indice MSCI World a atteint 171% et celui du S&P 500, 270%. Alléchés par la politique accommodante de la Réserve fédérale, les investisseurs ont privilégié Wall Street et délaissé la Chine et son ralentissement structurel, ou encore le Brésil et ses problèmes politiques.Le pessimisme semble avoir fait place à des perspectives plus roses pour 2021 et au-delà. L'optique d'un affaiblissement du dollar, qui incitera les investisseurs à chercher des opportunités hors des Etats-Unis, joue aussi. Les pays émergents ont toujours de nombreux atouts: classe moyenne en pleine expansion (à l'inverse de l'Occident) et donc, hausse du pouvoir d'achat, large représentation des milléniaux (800 millions en Asie, des centaines de millions en Afrique et Amérique latine, contre 65 millions aux Etats-Unis et 60 millions en Europe) et partant, potentiel de croissance important. La numérisation est rapide: le marché chinois est déjà numéro un mondial de l'e-commerce. En outre, de nombreux pays émergents sont déjà sortis de la crise sanitaire. Trois éléments laissent penser que les marchés émergents se redresseront durablement: L'inversion du sentiment: ces dernières semaines, les investisseurs et analystes sont plus optimistes quant aux émergents. Nombre d'établissements financiers plébiscitent la Chine. D'autres pays et régions connaissent aussi un regain d'enthousiasme.Une décoteencore nette: malgré la récente hausse, la valorisation moyenne de l'indice MSCI Emerging Markets est toujours inférieure de 31% à celle de l'indice S&P 500 (décote historique moyenne: 25%).De meilleurs facteurs techniques: s'ils sont plus favorables, c'est que l'argent reflue davantage vers la sphère émergente. Le ratio entre le MSCI Emerging Markets et le S&P 500 s'élève à 0,345, au plus haut depuis huit mois. Le chemin est toutefois encore long...