En début d'année, le MSCI Emerging Markets était, à l'instar des autres indices, résolument orienté à la hausse. Il faut dire que le redressement qui avait suivi l'accession du modéré Joe Biden à la présidence des Etats-Unis était attendu avec impatience - la décennie 2010-2020 n'avait pas, tant s'en faut, été profitable aux émergents. Un investissement dans l'indice MSCI Emerging Markets avait rapporté 6,2% par an en moyenne "seulement" sur cette période, soit un rendement (hausse du cours + dividendes) de 83%, puisque l'indice avait progressé de 39% à peine; dura...

En début d'année, le MSCI Emerging Markets était, à l'instar des autres indices, résolument orienté à la hausse. Il faut dire que le redressement qui avait suivi l'accession du modéré Joe Biden à la présidence des Etats-Unis était attendu avec impatience - la décennie 2010-2020 n'avait pas, tant s'en faut, été profitable aux émergents. Un investissement dans l'indice MSCI Emerging Markets avait rapporté 6,2% par an en moyenne "seulement" sur cette période, soit un rendement (hausse du cours + dividendes) de 83%, puisque l'indice avait progressé de 39% à peine; durant ces mêmes années, l'indice MSCI World avait rapporté 266%, ce qui représente une moyenne de 13,9% par an, ainsi qu'un écart de 183%.Les pays émergents sont pourtant retournés à la case départ au printemps. L'indice MSCI Emerging Markets a de nouveau plongé, alors que le MSCI World poursuivait son ascension. L'écart, nul en début d'année, atteint désormais 26%. Trois grandes causes expliquent ce phénomène: la lenteur de la vaccination dans la plupart des pays émergents par rapport à l'Amérique du Nord et, surtout, à l'Europe; la vigueur du billet vert, qui retient les investisseurs américains chez eux; enfin, et principalement, l'attaque menée par les autorités chinoises contre leurs (trop) puissants géants de la technologie et la rupture de confiance parmi les investisseurs internationaux qui s'est ensuivie, or les indices des marchés émergents contiennent beaucoup d'actions chinoises.Nous misons néanmoins sur une reprise substantielle à partir de l'an prochain, car les arguments en faveur d'un investissement à long terme dans les marchés émergents sont toujours bien présents. Alors que la classe moyenne occidentale est sous pression, celle des émergents poursuit une croissance régulière à l'origine d'une augmentation de son pouvoir d'achat. Si les milléniaux ne sont que 65 millions aux Etats-Unis et 60 millions dans l'Union européenne, ils sont 800 millions en Asie et des centaines de millions dans les pays d'Afrique et d'Amérique latine. Le potentiel de croissance de cette population jeune dans les années et même, les décennies, qui viennent, est évident. L'économie se numérise à un rythme rapide.Mais nous avons d'autres motifs encore de croire en une amélioration dès 2022: très prisé, le dollar pourrait atteindre un sommet (intermédiaire); les régions où les taux de vaccination pourraient progresser significativement sous peu sont précisément les pays émergents; le gouvernement chinois ayant exprimé sa position à l'égard des géants (de la tech), le calme devrait revenir progressivement l'année prochaine - l'Etat n'a en effet aucun intérêt à détruire complètement la dynamique. Enfin, les actions des émergents sont en moyenne 35% moins chères que celles des marchés matures. Du jamais vu ou presque, ce qui augmente les chances d'un rattrapage.