Pendant de nombreuses années, l'actualité en provenance des pays émergents était unanimement positive, même si, progressivement, l'enthousiasme à l'égard de la Chine s'est refroidi. L'Argentine d'abord, puis le Brésil, la Russie, la Turquie ou encore le Venezuela lui ont emboîté le pas. Ce phénomène s'est évidemment traduit par un reflux de leurs marchés boursiers respectifs. Pour preuve, si l'on compare le MSCI Emerging Markets au MSCI World, force est de constater que son évolution est bien moins réjouissante depuis de nombreuses années. Sur trois ans, le premier a sous-performé de 28% l'indice mondial, et sur cinq ans, les ...

Pendant de nombreuses années, l'actualité en provenance des pays émergents était unanimement positive, même si, progressivement, l'enthousiasme à l'égard de la Chine s'est refroidi. L'Argentine d'abord, puis le Brésil, la Russie, la Turquie ou encore le Venezuela lui ont emboîté le pas. Ce phénomène s'est évidemment traduit par un reflux de leurs marchés boursiers respectifs. Pour preuve, si l'on compare le MSCI Emerging Markets au MSCI World, force est de constater que son évolution est bien moins réjouissante depuis de nombreuses années. Sur trois ans, le premier a sous-performé de 28% l'indice mondial, et sur cinq ans, les marchés émergents accusent même un retard de 57% par rapport au MSCI World. Toutes choses étant égales par ailleurs, les Bourses des marchés émergents sous-performent l'indice mondial, dominé par les marchés occidentaux "matures", depuis 2007 déjà. Pour autant, cela n'a rien d'inhabituel. Sur le quart de siècle écoulé, bons et moins bons crus se sont succédé. La première période de gloire boursière des émergents s'est écoulée entre 1989 et 1994, après quoi les marchés occidentaux ont repris la main (ère de gloire des TMT _ technologies, médias & télécoms). Le deuxième temps fort des émergents s'est étalé entre 2003 et 2007, essentiellement tiré par la Chine et les matières premières. Depuis 2007 cependant, les Bourses des marchés émergents sont donc clairement en retrait, et un vent de crise soufflerait même plutôt depuis douze mois.La faiblesse des émergents ne peut évidemment être considérée indépendamment de la baisse sensible des prix des matières premières. Porté notamment par le redressement des cours pétroliers et d'autres matières premières, le MSCI Emerging Markets surclasse allègrement le MSCI World depuis le début de l'année (+ 6%).Soyons clairs: les places émergentes ne seront plus jamais l'eldorado pour l'investisseur. Cependant, plusieurs arguments plaident en faveur de cette région, laquelle pourrait redevenir intéressante de ce point de vue et prendre ainsi le relais des marchés occidentaux au 2esemestre ou au début de l'an prochain:• Euphorie refroidie, mais atmosphère de crise: les hausses naissent généralement dans un climat négatif;• Sous-pondération manifeste: la part des émergents dans le PIB mondial continue d'augmenter, pour représenter actuellement 60% environ, alors que la part des émergents dans la capitalisation boursière mondiale a reculé sous la barre des 20%, et à 10% au sein du MSCI World;• Valorisation très intéressante: dépend bien sûr des deux éléments qui précèdent ; le cours/bénéfice moyen attendu pour 2016 s'élève à 12,5, contre 17 pour l'indice mondial. Malgré un potentiel nettement supérieur pour les bénéfices d'entreprises à (plus) long terme;• Amélioration du tableau technique: alors que l'horizon s'est assombri cette année pour les marchés occidentaux et que leur orientation pourrait devenir baissière, il commence enfin à se dégager dans les régions émergentes. Le processus de sortie de plancher n'est certainement pas encore terminé, ou en tout cas pas partout, mais nous entrevoyons une possibilité d'inflexion au 2esemestre 2016, voire début 2017.