Nous entrons dans le sixième mois de l'année 2016 et, hormis pour plusieurs marchés boursiers des pays émergents (Brésil, Russie, etc.) sanctionnés les années précédentes, l'année est peu satisfaisante. À telle enseigne que la menace d'une inflexion de tendance reste réelle. Voici, une fois de plus, les principales raisons de ce passage à vide, et notre réponse tactique à ce problème.
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Nous entrons dans le sixième mois de l'année 2016 et, hormis pour plusieurs marchés boursiers des pays émergents (Brésil, Russie, etc.) sanctionnés les années précédentes, l'année est peu satisfaisante. À telle enseigne que la menace d'une inflexion de tendance reste réelle. Voici, une fois de plus, les principales raisons de ce passage à vide, et notre réponse tactique à ce problème.• Ralentissement de l'économie mondiale: après la crise bancaire, l'économie mondiale n'a plus jamais atteint le niveau d'avant; en moyenne, la croissance a diminué de moitié _ de 4 à 5% à 2 à 3% grosso modo _ et ces derniers mois, le marché a appris qu'elle serait encore moins sensible que les années précédentes. Le ralentissement de la tendance reste contenu, ce qui n'empêche pas le FMI de prévenir des risques d'une "stagnation mondiale", même si peu, voire rien ne semble aller dans la direction d'une (nouvelle) récession du monde occidental.• Baisse des bénéfices des entreprises aux USA et ailleurs: depuis quatre trimestres consécutifs, les bénéfices des entreprises américaines sont en baisse, ce qui n'est pas seulement la conséquence de la diminution des bénéfices dans le secteur énergétique. Une vraie récession de ces bénéfices, donc. À cela s'ajoute que les bénéfices des entreprises sont désormais sous pression également en Europe, à présent que l'effet du dollar vigoureux, dont le rôle fut assez important l'an dernier, s'est largement atténué.• Doutes entourant la politique monétaire: les taux négatifs s'opposent à une résistance de plus en plus grande; l'efficacité de la politique monétaire ultrasouple sur la croissance économique est de plus en plus remise en question. En outre, personne ne sait vraiment comment la politique de taux va évoluer durant le restant de l'année aux États-Unis. Il y a certes une pression inflationniste, mais l'économie américaine enregistre une croissance moins sensible et la croissance des nouveaux emplois a elle aussi clairement dépassé son climax. La communication de la Fed est très changeante depuis plusieurs mois, ce qui attise l'incertitude, laquelle dépite les actionnaires.Nous nous en tenons pour l'heure à une approche prudente et équilibrée pour traverser cette période délicate sans trop de heurts. Nous avons déjà pris position dans les secteurs de l'agriculture et des métaux précieux, sévèrement sanctionnés, et attendons de pouvoir également nous positionner dans les mois à venir sur les marchés émergents, dans les métaux de base et peut-être au Japon. Là, nous entrevoyons les signaux d'une inflexion positive de la tendance.Mais en règle générale, nous tentons en priorité d'éviter de lourdes pertes si un renversement de tendance défavorable s'opérait sur les marchés occidentaux, pour pouvoir ramasser ensuite des actions à meilleur compte.