Les Bourses sont à la peine depuis janvier. Etonnamment, les indices américains dégringolent aussi vite que leurs pendants européens; la différence de performance est aujourd'hui d'à peine 0,1%. Si l'on convertit la performance des indices américains en euros, toutefois, l'écart atteint un peu moins de 10%.
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Les Bourses sont à la peine depuis janvier. Etonnamment, les indices américains dégringolent aussi vite que leurs pendants européens; la différence de performance est aujourd'hui d'à peine 0,1%. Si l'on convertit la performance des indices américains en euros, toutefois, l'écart atteint un peu moins de 10%.De fait, depuis 18 mois environ, les deux continents affichent des performances très proches, l'un dépassant brièvement l'autre, pour lui relaisser ensuite la place de tête. Sur une base annuelle, les Etats-Unis affichent un résultat légèrement supérieur (1,2%) à celui de l'indice de référence européen. Depuis début 2021, l'écart atteint à peine 1,8%.Aujourd'hui, l'indice Euro Stoxx 50, qui regroupe les 50 principales valeurs de la zone euro, se situe 10% environ sous le niveau du Standard & Poor's 500, lequel compte les 500 plus grandes entreprises américaines. Lors du sommet boursier de mars 2000, en revanche, l'Euro Stoxx 50 culminait à 5.522 points, contre 1.527 pour le S&P 500. Mais ce pic historique n'a jamais été dépassé en Europe, alors que l'indice américain a formé des centaines de nouveaux sommets depuis lors. Si l'Euro Stoxx 50 avait égalé la performance du S&P 500 sur les 22 dernières années, nous serions aujourd'hui autour de 14.000 points, et non de 3.500. Ce calcul montre l'ampleur du retard de l'indice européen et vient relativiser cette "égalité de performance".Deux facteurs expliquent ce rythme différent: après la crise bancaire, la Réserve fédérale a ajusté sa politique monétaire plus rapidement - recours immédiat à l'assouplissement quantitatif - alors qu'il a fallu plusieurs années de plus à la Banque centrale européenne pour adopter cette arme. Mais le principal élément reste le poids des entreprises technologiques dans les indices. Si les indices européens affichent toujours une composition assez classique, le S&P 500 est de plus en plus dominé par les géants de la technologie. Entre 2010 et 2020, le Nasdaq a ainsi gagné 493% en euros, soit un rendement annuel moyen de 19,5%. L'écart a culminé à 35% en 2020, avec la crise sanitaire.La situation a toutefois changé: la surperformance structurelle de Wall Street par rapport à l'Europe est de l'histoire ancienne. Nous pensons que la tendance des 18 derniers mois va se poursuivre, en tout cas sur le long terme. Contrairement à la précédente décennie, un investisseur n'a désormais plus besoin de miser sur les géants de la technologie pour battre les indices. La principale explication est à rechercher au niveau des taux d'intérêt. L'envolée des valeurs technologiques n'a été possible que grâce à des taux extra faibles, qui ont permis une valorisation (extrêmement) élevée des acteurs du secteur. Mais depuis l'augmentation des taux courts et longs, les valorisations des géants de la tech souffrent proportionnellement davantage.